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102       LA QUESTION DES AQUEDUCS LYONNAIS

etDelorme, de même que Flachéron, ne tiennent pas grand
compte de ce qu'ont pu dire ces écrivains.
  Dans tous les cas, jusqu'au jour de la publication de la
Nouvelle histoire de Lyon, de M. Steyert, personne ne paraît
avoir soupçonné l'existence de la Carte de la route des aque-
ducs, dressée par Artaud. Il est à remarquer que M. de
Gasparin, qui écrivait en 1855, ne parle même pas de Fla-
chéron, qui écrivait en 1840.
  Sans les doutes émis par un agent du service des chemins
vicinaux, qui avait vu le canal d'aqueduc du Mont-d'Or,
dans le vallon du Povet ou Pomet, à une altitude qui ne
permettait plus que les eaux de cet aqueduc puissent arriver
au rampant des Massues, peut-être n'aurions-nous jamais
entrepris notre étude.
   Si nous avions connu la carte tracée par Artaud, il est
probe.lie que nous l'aurions tenue pour complètement
exacte, à moins qu'il nous fût venu à la pensée de recher-
cher, sur le prétendu aqueduc de l'Yzeron, le réservoir de
fuite qui aurait dû se trouver au lieu dit Champagne, sur
Sainte-Foy-lès-Lyon, et le canal entre ce réservoir et Saint-
Irénée, cas auquel, ne trouvant rien sur ce point, puisqu'il
n'existe rien, nos doutes eussent été éveillés, et alors peut-
être, aurions-nous voulu vérifier s'il n'existait pas sur d'au-
tres points des erreurs analogues.
   Quoi qu'il en soit, si nous n'avions pas été un praticien de
la distribution des eaux faite actuellement dans Lyon et sa
banlieue, jamais sans doute nous n'aurions mené notre
 entreprise à bien. Il nous semble que dans une question de
ce genre, il ne suffit pas d'être ingénieur ou architecte, mais
qu'il faut en outre être du métier, soit distributeur d'eau
par réservoir à niveau constant.