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278 LES SAVANTS LYONNAIS transitions que leur sujet ne fournit guère. Le plus simple est d'en prévenir le lecteur et de s'en rapporter à son atten- tion, puisque notre art est insuffisant. Le premier nom mis à découvert appartient à un béné- dictin bressan. Dom Alexis Edouard était né à Bourg, alors du diocèse de Lyon ; nous n'avons trouvé sur son compte que les notes les plus succinctes du registre matricule et cinq lettres, outre celle que nous transcrivons. Les premières nous renseignent sur sa profession reli- gieuse qu'il fit à Vendôme, âgé de dix-huit ans, le 8 sep- tembre 1629, et sur sa mort, arrivée le 20 mai 1661 au collège de la Sainte-Trinité de Tiron. Dans sa correspon- dance, il montre du goût et de la curiosité pour l'étude ; il exprime le désir de s'y appliquer, il s'occupe à relever les œuvres de Thomas Bafin, évêque de Lisieux et archevêque de Césarée, il se propose d'être lui-même le copiste de la chronique de saint Taurin, trouvée au monastère de Saint- Pierre-le-Vif, et il ajoute avec une modestie qui l'honore « que pour un pauvre ver de terre tel qu'il est, la besogne sera bonne ». Il n'eût pas, comme il le demandait à Dom Luc d'Achêry, la satisfaction de venir à Paris; après avoir successivement habité Redon et, Saint-Pierre-le-Vif, il sé- journa longtemps à Bonne-Nouvelle de Rouen; religieux exemplaire, humble autant qu'austère, disant de lui-même : « Je n'ai plus d'autre occupation qu'à ouïr discourir ces grands morts qui nous font de si belles leçons dedans leurs livres. » Il s'éteignit à Tiron, dans le diocèse de Chartres ; ses manuscrits étaient restés en portefeuille, et ses projets en chemin.