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220 EN TOSCANE ET EN OMBRIE L'antique Assisium allongée aux flancs rudes du mont Subasio fut toujours une cité assez importante de l'Ombrie, le portique corinthien de son temple de Jupiter (l'église saint Sylvestre), son évêché fondé en 240 par saint Rufin, la sévère façade romane du Dôme achevée en 1140 ses guerres avec Pérouse, Spoleto, prouvent sa constante vitalité à travers les bouleversements de l'Italie romaine et féodale. Mais Assises serait à présent méconnue, oubliée comme tant d'autres petites villes artistiques, si dans son sein ne s'était pas levé celui qui,semblable au soleil,a tout rempli de ses rayons (Dante. Paradis, IX). François, fils du mar- chand de laines, Pietro Bernardone, et de la Pica, naquit à Assises,en 1182 ; touché par la grâce après une orageuse jeunesse, fondateur des Franciscains en 1208, mort à Sainte-Marie-des-Anges le 4 octobre 1226, canonisé dès 1228 par Grégoire IX ; François d'Assises, le Père Séra- phique, l'ami du Christ et comme lui des humbles, des petits, des douloureux par le corps et par l'âme, miséricor- dieux aux pécheurs, fier et libre devant les hauts de la terre, passionné d'amour pour tous les êtres, pour la nature, pour les arbres et les fleurs. Son cœur vibrant de tendresse pour les délaissés, d'admiration pour la nature, réchauffait les premiers par de douces paroles et les bienfaits d'une fraternelle charité, et glorifiait la nature en écoutant ses chants mystérieux, en saluant les oiseaux, messagers cé- lestes. Quel admirable contraste avec son siècle de fer, de sang, de batailles continuelles ! François prêchait le renon- cement et la paix aux hommes, s'entretenant mystique- ment avec son Divin Maître, stigmatisé par Lui, souffrant sa passion, mais perdu d'extase dans son rêve splendide d'amour infini ! ! Fuyant Assises, sa famille, ses amis, François descendit dans les sylves de la plaine, réparant