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IZERNORE I79 ce mot est employé ici comme nom propre d'homme, et il pense que ce mot Izarndor veut dire forteresse d'Izarnus. Nul n'est plus compétent que le savant académicien pour traiter cette question. Il me suffira de lui emprunter ce passage qui me paraît important. « Les deux mots dont il s'agit étaient au nombre de « quelques expressions qui appartiennent en commun aux « Celtes et aux Goths. Porte en gothique, s'appelait dour, « prononcez dor, fer s'appelait eisarn, prononcez isarn. La « langue gauloise du biographe paraît donc avoir été tout « simplement le burgonde ou le francique. » Je crois néanmoins que le biographe, en parlant de la langue gauloise, a voulu dire la langue celte. En voici une preuve dans un passage du même auteur, Préface de la Vie de saint Romain, reproduit par les Bollandistes (6). Le moine, en dédiant son oeuvre aux moines Johanes et Armentarius, fait le jeu de mots suivant (l'esprit gaulois n'est pas d'hier), il espère qu'ils ne seront pas aussi durs pour lui que le rocher (Agaune), près duquel ils habitent, et il pense qu'ils accueilleront avec bonté son ouvrage. Voici ce curieux passage : Quamvis ergo Agaunus vester Gallico prisco que sermone tam primitus per naturam, quam nunc quoque per ecclesiam, veridica prœfiguratione Pétri a Pelra esse dignoscitur, agnoscat tamen, etc. Je traduis textuellement : « Quoique votre Agaune en vieille langue gauloise soit « désigné sous le nom de Pierre, tant d'abord à cause de la « nature du lieu que maintenant par l'église, par une véri- « table allusion à la pierre elle-même ; votre bonté accueil- « lera néanmoins mon œuvre, etc. » (6) Jeta Sanctorum, T. III.de février, p. 470.