Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
               CHAZAY-D'AZERGUES EN LYONNAIS               415

    La peste dont on parle ici, était apparue vers la Toussaint
 de l'année 1347, venant de l'Italie par la Provence. De nos
 jours, on se demande si le Lyonnais en avait beaucoup
 souffert? La charte présente en est la preuve. Ses symp-
tômes étaient effrayants, nous disent les historiens ; des
hommes, qui paraissaient parfaitement sains, étaient pris
tout à coup par des crampes au mollet, d'une telle force,
qu'en se roulant par terre, ils demandaient à grands cris
 qu'on leur coupa la jambe. D'autres tombaient subitement
 comme frappés par la foudre. Le plus grand nombre éprou-
vaient une fièvre ardente, suivie de vomissements, de taches
noires sur la peau, de bubons à l'aîne et de glandes gan-
greneuses sur plusieurs parties du corps. L'œil était telle-
ment profond et caverneux, qu'on aurait dit qu'il avait été
tiré en arrière. La respiration devenait si fétide et si insup-
portable, qu'on ne pouvait plus demeurer auprès des mal-
heureux pestiférés. De telle sorte, que les parents eux-
mêmes étaient obligés de fuir et d'abandonner leurs propres
enfants; tous les liens du sang étaient rompus (23), Telle
fut cette peste qui désola le Lyonnais.
   Nous croyons intéresser le, lecteur en donnant ici les
noms des moines d'Ainay, qui formaient le grand Conseil
de l'abbé à cette époque. Un contrat passé entre l'abbé
Barthélémy et Hugues de Gebenna, seigneur d'Anthon,
nous le fait connaître en 1359.
   C'était Jean de Contesson, prieur majeur ; Guillaume
Anseu, prieur claustral; Martin de Saint-Sauveur, cellerier;
Jean Arod, prieur de Saint-Julien-en-Jarez ; Jomar, prieur
de Sales; Mathieu Chantyon, chantre; Raynaud de Cha-



  (23) Monfalcon. Hist. de Lyon, t. II, p. 431.