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110                UN CONFRÈRE DE MASSILLON

   Ges favorables dispositions de la foule plaisaient aux jan-
sénistes ; ils n'étaient pas fâchés de les entretenir; ils y pre-
naient, en effet, double plaisir, s'ils n'en retiraient pas tou-
jours sensible profit; tout ce qui servait de près ou de loin,
à temps ou à contretemps, à humilier les Jésuites, leur con-
venait, et ils se réjouissaient fort d # voir passer dans un
autre corps l'autorité que Bourdaloue avait acquise au sien.
   Sainte-Beuve, en publiant dans son Port-Royal une partie
de la correspondance inédite de M. Vuillart avec M. de
Préfontaine, nous met à Taise pour recueillir un témoi-
gnage contemporain, bien qu'évidemment intéressé.
   A entendre ce fervent adepte des exilés de Hollande, les
Oratoriens priment hautement et partout ; c'est un bienfait
de Dieu, un effet de la grâce efficace.
   Le plus populaire et le plus éloquent des Jésuites avait
parlé pour la dernière fois à Versailles, devant Sa Majesté,
pendant l'Avent de 1697; depuis lors, sa vigueur épuisée
par un apostolat ininterrompu de trente années, celui que
son siècle avait placé au-dessus de l'aigle de Meaux, se
réservait pour les exhortations intimes du confessionnal
plutôt qu'il ne s'exposait aux émotions fatigantes de la tri-
bune sacrée; durant ce Carême de 1700, il n'avait consenti
à paraître que trois fois dans la chapelle des Nouvelles-
Catholiques, au jour de l'Annonciation, le Vendredi-Saint
et à Pâques.
   Le P. Gaillard, toujours d'après M. Vuillart, était le
seul de ses confrères qui fît quelque figure; encore les com-
mencements avaient-ils été peu encourageants. Le P. de
La Rue soutenait insuffisamment sa réputation.


de 1658 avait décidé sur la matière; le P. Senault avait pris une grande
part aux délibérations.