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492 SUK LA COLONIE GRECQUE sagesse, l'Église jugea devoir envoyer chez les différents peuples, à qui, suivant l'ordre de son divin maître, elle de- vait annoncer la grande nouvelle du salut, des hommes, au- tant que possible, ayant la même origine que ceux qu'ils devaient évangéliser, parlant la môme langue, connaissant leurs mœurs et leurs coutumes, afin que ces heureux rap- ports leur donnassent plus d'empire sur les esprits et fissent plus facilement accueillir les principes salutaires et augustes de notre foi. Ainsi, dès l'origine, elle désigna pour prêcher l'Évangile aux Romains et aux Grecs, Saint Paul qui, lui- même citoyen romain, était versé dans la connaissance des lettres et des sciences d'Athènes et de Rome. Ainsi, pour ce qui regarde la Gaule, elle envoya dans ses différentes provinces des Romains qui, parlant la langue qui était de- venue la langue de ses peuples, instruits de leurs coutumes et de leurs usages qu'une assez longue servitude avait rendus semblables à ceux de leurs vainqueurs, parvinrent par ces moyens, joints aux secours surnaturels qu'ils recevaient d'en haut, à produire les fruits les plus abondants. Mais par la même raison, dans les lieux où les Grecs avaient établi leurs colonies et où ils formaient une partie considérable des habitants, les prédicateurs de la foi étaient grecs de nais- sance. Ainsi, entre autres, le grec Trophime fut choisi pour prêcher la foi â Arles, et le grec Pholin ou Pothin pour évangéliser Lyon. Et remarquons que les premiers évoques de notre ville furent tous grecs ou orientaux, ainsi que l'indi- quent leurs noms : le grand docteur Saint Irenée qui à Lyon môme a écrit ses ouvrages en grec, Elie, Zacharie, Ptolomée; deux siècles après, je vois un Elpide, un Anliochus, un Saint Eucher, Grec d'origine, quoique né dans les Gaules (1).Voilà , à ce qui me paraît, une preuve assez forte de l'existence (i) St-Hilaire, Panégyrique.