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BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 457 la lumière qu'il attirait sur son nom était toute à leur désavantage, et que cette publicité augmentait pour eux les embarras de l'avenir? Enfin, et c'est là le point capital, il y avait à lui dire que son ouvrage, tel du moins qu'il était rédigé, bien loin d'être utile, pou- vait devenir funeste. Il peut se diviser en trois tableaux ; 1» la jeu- nesse de Romand : 2° les événements de Lyon en novembre 1831 ; 3° le Bagne. Nous n'avons trouvé dans aucun des trois ce que nous y cherchions sur la foi de M. Servan de Sugny. Dans le premier, après de longs détails biographiques très insi- gnifiants et très puérils, nous voyons Romand, ouvrier tailleur, pro- mener en divers lieux une vie dissipée. Nous le voyons séduire à plusieurs reprises les femmes des patrons qui l'employaient ; épou- ser à Paris, pour un misérable intérêt, une fille de mœurs plus que légères; et çà et là , commettre bien des actions d'une délicatesse peu scrupuleuse. Au travers de ses protestations de repentir, on voit que Romand est fier encore de cette figure avantageuse, de ce langage facile qui le faisaient réussir auprès des femmes: fier sur- tout de cette tournure par laquelle il réussissait souvent à dissimu- ler son humble condition, et à se faire passer pour un étudiant, pour un jeune homme riche. II n'y a pas là , quoiqu'on en dise, un enseignement utile pour la jeunesse des classes laborieuses. Elle y apprendrait, au contraire, qu'avec de l'assurance, du babil, de beaux habits, on peut se procurer des plaisirs faciles, si non honnêtes ; et cette leçon serait malheureusement plus efficace que les sermons moraux dont Romand l'accompagne. En 1831, par suite de circonstances éternellement regrettables, les ouvriers de Lyon se soulèvent, d'abord contre les fabricants, puis contre les autorités légales, et plongent notre ville dans toutes les horreurs de la guerre civile. Romand, qui n'a aucun intérêt engagé dans cette querelle, qui n'a pas même le prétexte d'opinions politi- ques hostiles au gouvernement, prend part néanmoins à la lutte. Nous le retrouvons là ce qu'il a été jusqu'ici, vaniteux, vantard, déclama- leur, rongé d'une sourde ambition qui lui fait rêver sans cesse je ne sais quelle vague célébrité. C'est lui qui a tout fait, c'est lui qui a porté les coups les plus heureux. Il a triomphé, il a été applaudi, il a déployé des qualités militaires du premier ordre, il s'est montré