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ENCORÇ L ' E S T É R B L 409- nous avons fait l'ascension du Mont- Vinaigre, qui est le point culminant de la contrée. Son altitude n'est que de 616 mètres, mais si l'on con- sidère que le pied de cette montagne touche presque la mer, on trouve que la comparaison est possible avec de bien plus hauts pics, dont la base est déjà à plusieurs centaines de mètres d'altitude. L'avantage de ce sommet c'est de dominer tout le groupe de l'Estérel, et d'embras- ser, d'un coup d'œil, toutes les routes et tous les sentiers nouvellement tracés dans cet inextricable pays. Coupé de vallées profondes dominnes par des rochers de porphyre rouge qui semblent être lancés du sein de la terre en convulsion, l'Estérel offre aux visiteurs les sites et les aspects les plus inattendus.. Ses immenses forêts de pins et de chênes lièges toujours verts donnent à ces montagnes une couleur printanière qui réjouit la vue, surtout en hiver. Le Mont-Vinaigre domine toutes ces beautés et le touriste assez courageux pour entreprendre cette intéres- sante ascension est largement dédommagé de ses fatigues lorsque arrivé au sommet il monte sur une tour rustique- ment établie par les officiers d'état-major chargés de la Carte de France ; autour de vous, un immense chaos de roches effondrées les, unes sur les autres que vous domi- nez; au-dessous de vos pieds, une immense carte de géographie, vous donnant une idée parfaite des cqls, $es passages et des vallées qui vous entourent. Un côté affligeant à voir,c'est le côté nord dévasté par Tincendie récent de juillet 1877, qui a dévoré plus de 2500 hectares de forêts de pins et de chênes lièges. La destruction de ces derniers est une très^grande perte ; car il faut au moins trente^six ans pour qu'un chêne puisse donner quelques bouchons, tandis que, dans, dix