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486 ROCHE-OABDON « quelques jolis paysages. J.-J. Rousseau, pendant « ses séjours à Lyon, se "plaisait aussi à s'enfoncer « dans les bois qui entourent ce vastë'domaine pour « se livrer à ses éloquentes inspirations. Le bois « et la fontaine du Rozet, qui entourent le vallon du « côté du nord, faisaient surtout les délices de ce « g r a n d écrivain. On y arrivejpar un sentier escarpé « et bizarrement taillé dans le roc. Au bout de la mon- « tée, on pénètre dans le bois, non sans peine, et l'on « se trouve dans un nouvau sentier élevé en terrasse, « ouvert en allée, au bout duquel la fontaine se déro- «. be sous un cabinet de verdure dont la nature a « presque fait tous les frais. « L'art, qui n'est venu que la seconder, a tâché de « l'imiter en y pratiquant une petite grotte. Sur les « arbres groupés confusément à l'entour, on voitins- « crits divers noms au nombre desquels on ne rencontre « pas celui de Rousseau ; mais je l'ai trouvé inscrit « s u r une -'pierre, au milieu d'autres noms, parmi « lesquels il s'étonnerait sans doute d'être confondu. « Un sycomore porte son épigraphe si connue : Vitam « impendere vero (il faut soumettre sa vie à la vé- « rite). Quelque retiré, quelque solitaire que soit cet « asile, dans lequel il venait oublier les hommes, ou « plutôt cesser de les voir pour mieux les méditer, il « aurait eu en perspective la ville de Lyon, sans la « haie qui garnit le bord de la terrasse; de manière « qu'on n'aperçoit cette ville que par intervalles et « comme à la dérobée, à travers quelques clairières. » Je regrette beaucoup de ne pouvoir aller visiter Roche-Gardon dans son état actuel, car ma faiblesse me rend cettepromenadeimpossible,et d'ailleurs voilà ce que M. Achille Raverat raconte dans un grand