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PIERRES A ÉCUELLES ET A BASSINS 251 par ses phénomènes glaciaires. » Mais M. Desor est in- fatigable ; cette constatation locale ne lui suffit pas ; il étend au loin ses explorations ; c'est jusqu'au fond de l'Allemagne qu'il va chercher de nouveaux matériaux pour le grand édifice qu'il tient à élever, et là encore il découvre des monuments qui lui permettent de résoudre le grand problème qu'il s'est posé. Aussi, dès le 21 fé- vrier dernier, il mande à M. Faisan : « En présence de l'intérêt que vous prenez à l'étude des écuelles et des problèmes qui s'y rattachent, et pré- voyant tous les développements que vous pourrez appor- ter à la question, grâce à votre coup d'œil et à votre con- naissance si parfaite de la topographie et de la géologie de vos environs, je ne puis résister à la tentation de vous communiquer quelques détails fort curieux qui me sont par- venus du nord de l'Allemagne, spécialement de la Pomé- ranie. Là aussi existent des pierres à écuelles qui sont l'objet de la vénération publique et sur lesquelles se trouvent parfois gravés des emblèmes chrétiens, tels que croix, ciboires, etc. On avait l'habitude jadis de les enduire de graisse et l'on y déposait aussi parfois d'autres offrandes, tels que fruits, épingles et autres menus objets de pa- rures pour se concilier la faveur des Elfes, d'où le nom d'Elfenstenars, nom qu'on leur donne en Scandinavie. , Mais surtout ce qui est remarquable et aujourd'hui hors de doute, c'est la présence d'écuelles tout à fait sem- blables sur les soubassements des plus anciennes églises, et ce qui prouve qu'il ne s'agit pas ici de phénomènes de désagrégation ou de décomposition c'est que ces mêmes cupules se retrouvent sur les soubassements en briques par conséquent elles ont dû être faites intentionnellement. On y retrouve les deux formes, comme sur nos blocs à écuelles, savoir : les écuelles simples et les écuelles con- juguées ou allongées...