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                   DE ROANNE A LA PRUGNE               205

   A cette industrie de la poix, les habitants ajoutaient
la fabrication du verre, et toute la région montagneuse
qui entoure la Prugne recèle les ruines de fours de ver-
riers ; si les derniers gentilshommes qui les ont noble-
ment exploités nous sont connus par leurs produits élé-
gants, on rencontre aussi des verroteries mérovingiennes,
d'autres romaines et quelques fragments d'émail ou
verre gaulois associé aux poteries du temps, aux creu-
sets, aux briques réfractaires d'une forme inusite'e à
présent.
   Toutes ces industries, vivant de l'abondance du bois,
expliquent Aes nombreuses routes, les postes fortifiés qui
gardaient les établissements manufacturiers et faisaient
de la Prugne, la ville des feux [Y), le plus grand centre
de population de la montagne. Et si le chimiste
trouve la dissertation trop longue, nous lui dirons
qu'il est bien dans le pays qu'il voulait, entouré
de fumée, de fourneaux et de chalumeaux ! Il s'en ven-
gera par une exposition n'éthodique des terrains, des
gisements de la vallée : pas un caillou qu'il n'ait cassé,
pas une roche qui ne soit marquée de son marteau. Il
lai faudra bientôt une rîloche neuve; déjà il a fait mettre
à ce marteau plusieurs philippes. Comme Jean-Pierre
à son couteau fait adapter tantôt un manche, tantôt une
lame, c'est toujours le même outil.
   Jai l'honneur de vous dire que si le volcan ne brûle pas
la Prugne actuellement, si même les feux d'Auvergne,
depuis si longtemps éteints, n'ont point agi pour soule-
ver les montagnes, l'action des feux souterrains plus
anciens n'est point à nier ; telle poussée de roc comme
celui de Saint-Vincent, en pétrosilex-phonolite ; tel filon

 (1) Prunus, foyer, fourneau de mine, braise !