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LA BIBLIOTHEQUE DE LA PR1MAT1ALE DE LYON 3O3 de miniatures, plus ou moins grandes, mais toutes d'un travail exquis et d'une délicatesse qui saisit les yeux. Les couleurs dont elles sont décorées sont aussi vives, et l'or qui les relève est aussi brillant que si elles venaient d'être faites. Toutes ces figures, qui sont assorties à la fête et à l'office du jour, représentent, au naturel, nos mystères, nos cérémonies, l'ancienne liturgie anglicane, son clergé séculier et régulier, et on peut dire que c'est là un monument authentique qui existe et dépose en faveur de l'ancienne créance. « Ce bréviaire passa des mains de Henri V en celles du duc de Bedford, son frère. Il appartint ensuite à Jean de Morvilliers, garde des sceaux. Enfin il fut donné, il y a plus de cent ans, par M. de Saint-Germain à Mgr Camille de Neufville, depuis archevêque de Lyon. » Je croyais ce volume perdu, puisqu'il ne se rencontre plus à la Bibliothèque de la Ville de Lyon, héritière de la collection Villeroy, et qu'il n'est pas mentionné dans la liste des manuscrits dont M. Monfalcon, leur conservateur, s'est permis de trafiquer, sans autorisation. Mais l'éminent directeur de la Bibliothèque Nationale, M. Léopold Delisle, a bien voulu me mander, le 30 mai 1879, a près avoir lu mon ouvrage sur les Manuscrits de Lyon : (1) « Vous avez mis en lumière beaucoup de détails auxquels j'attache le plus grand prix. Je vous citerai, entre autres, ce que vous dites à la page 103 du bréviaire anglais, jadis conservé au collège de la Trinité. Ce bréviaire, sans le moindre doute possible, est celui qui forme ici le n° 17.294 du fonds latin. C'est un des plus riches et des plus célèbres manuscrits du duc de la Vallière. Comment celui-ci en était-il devenu propriétaire? Il y a là un mystère à éclaircir, et les rapports de la ville de Lyon avec le duc de la Vallière, (le plus ardent, mais non pas le plus honnête des bibliophiles du xvin e siècle,) méritent d'être étudiés. Vous en avez déjà dit quelques mots, p . 79, à propos des incunables sur vélin de Tite-Live et de Pline qui sont chez nous. » (1) Lyon. Henri Georg, libraire-éditeur. 1879. 190 pages.