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                    GEBHARD TRUCHSESS DE WALDBOURG                            245

  depuis l'archevêque Hermann de Wied, et qui s'était fortifié par
  ses relations avec la Hollande. Mais le parti catholique, à la tête
  duquel se trouvaient le Chapitre, le Conseil de ville et le chorévêque
 Frédéric de Saxe-Lauenbourg, était bien plus puissant, et était, en
  outre, soutenu par les Espagnols des Pays-Bas.
    Cependant l'électeur se flattait encore d'échapper à l'application
 de la réserve ecclésiastique. La diète impériale siégeant alors: à
 Augsbourg (1582), il chargea deux agents, le comte Adolphe de
 Solms et le docteur Schwartz, de s'informer auprès d'elle s'il ne
 pourrait pas conserver son électorat tout en se mariant. Il apprit
 bientôt que la diète ne le permettrait jamais.
    N'attendant plus de solution pacifique, Gebhard leva des troupes.
 Il ne rencontra pas dans le parti protestant l'aide sur laquelle il
 avait compté. Il eut beau insister, les bourgeois de Bonn, bien que
 favorables au protestantisme, refusèrent de lui livrer les clefs de leur
ville, (r) Il n'eut pas plus de succès auprès du peuple de Cologne.
Comme il s'efforçait de le brouiller avec le conseil, celui-ci déjoua
ses tentatives, en persuadant à la bourgeoisie que l'électeur en
voulait à ses libertés.
    Cependant l'électeur se séparait de plus en plus du catholicisme.
Il vivait publiquement avec Agnès,- n'observait plus les prescriptions
de l'Église, mangeait de la viande les jours maigres, déclamait
contre le pape, et renvoyait tous ses conseillers ecclésiastiques pour
ne s'entourer que de gens de guerre. Sa famille l'accablait de repro-
ches. Sa mère elle-même l'abandonna. Le remords le saisit. Il perdit
le sommeil. Mais son parti, sa cour, sa passion ne lui permettaient
plus de revenir en arrière. (2) Ses amis avaient soin de ne le laisser
jamais seul, de peur qu'il changeât d'idée. Il chercha à s'étourdir


   (1) Hennés donne de curieux détails sur la fermeté et en même temps la cour-
toisie avec laquelle les magistrats de Bonn refusèrent de livrer les clefs et de
désarmer les bourgeois. Elles furent enfin remises et les bourgeois désarmés,; sur
un ordre prétendu du Chapitre de. Cologne fabriqué par les agents deGçbhard (i$
à 28-33-34)-                                                        "'•-
  (2) Hennés, 28,