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636 LA REVUE LYONNAISE
*Amorosam = aymoiru%a, amoureuse II 313.
Disdignari +osam = dedigniu^a, dédaigneuse II 322.
Virtus + osam =vertuu%a, vertueuse II 329.
Tout à côté de ces formes en u, uça, on en trouve d'autres en
eu, euqa : orguillieu^a, malicieuqa II 321, 325,'etc. qui pourraient
bien être les formes intermédiaires entre ou et u : ou du lyonnais
du quatorzième siècle se serait d'abord ouvert en eu (du français
vertueux), puis se serait aminci en u. Cette dernière étape, je veux
dire l'amincissement à 'eu en u, a été parcourue par dejuna—déjeuna
— dis-je (j) unare II 133. (I) Quel était le son ainsi représenté? Sur
ce point rien à tirer de la comparaison des rimes ; les renseigne-
ments qu'elles nous fournissent sont en effet contradictoires : c'est
ainsi que malairuqa rime avec chousa II 362, 364 et ronneu^a avec
plamuqa I 188, 189.
Si l'on s'en rapporte aux patois actuels et notamment à celui de
Saint-Genis-les-Ollières le seul que j'aie étudié personnellement, Vu
se prononçait à la celtique u et non ou W.
Suivi de L, l'O long a persisté sous sa forme latine dans sola
(solam) II 31.
Je n'ai que peu d'exemples à citer de O suivi d'une dentale,
c'est tout, tou (totum)I 61, 110, touta (totam) II 29 que la Ville de
Lyon en vers burlesques, écrit déjà /o^(totum) A 254 et Me (totas),
et prou (prodest) II 333.
La tendance a ouvrir ou en 0 se remarque encore dans coblo
(copulum) A 166.
Dans les finales en ORIUM, ORIAM la palatale post-tonique est
venue s'attacher à la voyelle accentuée.
Lardoriam = lardoiry, lardoire II 27(3).
(1) Cf. Je vous %eu montrerayl 167 pour je vous eumontreray, je vous le montrerai, et je n'u
faray pas II 45, je ne le feray pas : eu et u sont l'un et l'autre les continuateurs du latin hoc.
Voyez encore I 60 : j'ussou voulu, j'eusse voulu. De même le français eusse se prononce usse.
(2) Dans les mots euriu (curiosum) et joyu (gaudiosum) par exemple. De même dans hura
(horam), lu (illorum, franc, leur). Sur la phonétique de l'O accentué, voyez l'article très étudié
et très complet que notre ami Nizier du Puitspelu a consacré à ce sujet délicat dans la Revue
Lyonnaise du 15 juillet 1884.
(3) Lardoiry, ceci est à noter, est en rime avec beire. Cf. voy et oey (hoc, franc, oui) II 276
et II 43-