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572                      LA REVUE LYONNAISE
 vision et jusqu'à ce qu'autrement soit ordonné, injonctions soient
 faites à Jean Pillehotte, libraire de la Sainte-Union, d'imprimer
 tous tels livres de dévotion et autres concernant la religion catho-
licque, apostolicque et romaine.
    « Le Conseil a enjoint audit Jean Pillehotte, d'imprimer les dicts
livres de dévotion et autres servans pour l'édification et instruction
du peuple en la religion catliolicque, apostolicque et romaine
nonobstant les dicts privilèges et par provision jusqu'à ce qu'au-
trement en soit ordonné.
   « Faict à Lyon en jugement. Séants nous Pierre Austrein, lieu-
tenant particulier, assesseur criminel, Jean du Burin, George
Grolier, Laurent du Bourg, Loys de Rochefort, Pierre Àllard,
et Nicolas Regnaud, conseillers et magistrats es dicts sièges et
Sénéchaussée, le mardy 17e jour d'avril, 1590. Signé Groppet. *»
    Le 22 juin 1591, Pierre d'Epinac, archevêque de Lyon, commanda
la publication 1° des Lettres de Grégoire XIV, invitant les princes
et nobles de France à quitter le service d'Henry de Bourbon, jadis
roy de Navarre, et 2° du Monitoire du même pape aux archevêques,
évêques, abbés et autres membres du clergé d'avoir à se séparer
du parti du roy de Navarre, sous peine des censures ecclésiastiques-
Le procès-verbal en fut dressé en présence de vénérables per-
sonnes : « Antoine Bussillet, prêtre chanoine de l'église de Saint-
Paul; vénérable M. Flory Blanchery, prêtre chanoine de l'église
collégiale de Saint-Nizier de Lyon, aumônier de Mgr le révéren-
dissime archevêque dudit Lyon ; noble Guyot de Masso, receveur
des deniers communs, dons et octroys de la ville de Lyon, et Jean
 Pillehotte, libraire de la Sainte-Union, témoins à ce spécialement
appelés. »
    Ainsi, dans une réunion aussi importante et en prenant une
 mesure aussi grave, l'autorité appelait à elle son imprimeur et
 inscrivait son nom à côté des noms les plus élevés de la cité.
    Mais la Ligue ne devait pas triompher. Un jour, la réaction se
fît. On apprit que les chefs, à bout de ressources, faisaient appel
à l'étranger et qu'ils étaient prêts à ouvrir les portes de la ville à
une armée italienne envoyée par Charles d'Arragon. Aussitôt,

  * Voir Péricaud. Notes et Documents, t. I, 2c partie; p. 05;