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394                   LA REVUE LYONNAISE

   Il y avait enfin un major, ou sergent major, à la solde du roi
et de la ville. Pendant plusieurs années cette charge a été l'objet
de discussions sans fin : le consulat prétendait que cet officier dépen-
dait de lui, et que c'était un officier purement bourgeois assermenté
au consulat. Le major prétendait le contraire et recevait des pro-
visions du roi. Sa fonction était de prendre tous les soirs le mot du
gouverneur et de le donner à la garde. En l'absence du gouverneur,
le service du major était fait par un aide-major à la solde du con-
sulat, qui prenait le mot du prévôt des marchands.
   La province possédait cinq prévôts des maréchaux. Celui de
Lyon avait le titre de prévôt général, ceux de Montbrison, Saint-
Etienne, de Roanne et du Beaujolais, de prévôts provinciaux. En
1645, lorsque le bailliage du Forez fut démembré, et que les
sénéchaussées de Saint-Etienne et de Roanne furent créées, le roi
nomma un prévôt dans chacune des sénéchaussées et celui de
Saint-Etienne eut avec le grade de prévôt celui de chevalier du guet.
   Le dernier officier était le lieutenant criminel qui, lui aussi, avait
sa compagnie.
   Quand il y avait à Lyon des troupes de passage, on logeait la
cavalerie dans le faubourg de la Guillotière, et l'infanterie dans
ceux de Vaise et de ia Croix-Rousse. On en mettait rarement à
Saint-Just et à Saint-Irénée.
   La cavalerie était logée par chambrées ; on ne leur fournissait
que le lit et on leur payait à chacun trois sols pour leur feu et leur
lumière. On ne fournissait aussi aux officiers que le simple loge-
ment et pour le surplus quatre sols pour le fourrage. Outre les
cinq sols que le roi donnait par ration, la province fournissait
aussi treize sols. L'officier n'en prenait ordinairement pour lui que
sept à huit, de sorte qu'il avait largement de quoi subvenir aux
frais de sa compagnie.
   On imposait tous les ans la province d'environ cinq ou cent vingt
mille livres tant pour les frais de l'étape que pour l'entretien du
régiment lyonnais. Cette somme était plus forte ou plus faible suivant
les passages de troupes. Voilà comment était faite cette imposition :
   On expédiait au conseil un arrêt qui fixait la somme, et le gou-
verneur, le lieutenant du roi et l'intendant étaient commis pour
prélever l'impôt, avec liberté pour eux, en atttendant que la levée