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                                BIBLIOGRAPHIE                                        335

sûr que l'étude approfondie de la religion avait confirmé, et si la multiplicité do
bonnes œuvres qui remplissaient sa vie, lui laissait, de loin en loin, quelques instants,
la peinture ot la poésie les occupaient tout entiers. C'était encore, du reste, une
sorte de prolongation de ses bonnes œuvres, car elle destinait ses tableaux aux
ventes de charité ou aux missions lointaines, de môme que ses œuvres littéraires
avaient toujours pour objet l'édification des Sociétés pieuses qu'elle présidait ou
la confirmation de la foi dans le cœur de ses nombreux neveux. »
   Du reste, son âme et son cœur sont peints tout entiers dans ces quelques vers
qu'elle écrivit un jour, sur un livre de l'une de ses sœurs enlevée, comme elle
par une mort prématurée, et qui s'appliquent si bien à elle :

                      0 toi qui rédigeas ce livre,
                      Pourquoi dors-tu froide aujourd'hui?
                      Jeune pourlant, tu devrais vivre
                      Et Dieu t'a rappelée à lui.
                      Ne la cherchez pas dans la tombe,
                      L'amour divin rend immortel ;
                      Elle fut la feuille qui tombe
                      Et que le vent emporte au ciel,
                      Parmi les célestes phalanges
                      Ton cœur, trop pur pour ici-bas
                      De Jésus chante les louanges.
                      Vous, ses amis, ne pleurez pas.
                      Doit-on pleurer sur les anges?


   Le volume dont nous sommes heureux de rendre compte, se compose d'œuvres
poétiques de divers genres, d'un drame religieux (Saint -François Xavier); d'une
pastorale (Sainte Germaine Cousin) et do plusieurs autres pièces de vers de
moins longue haleine et qu'on ne peut lire non plus, sans émotion.
   C'est dans nos grands classiques, surtout, que M lle Richard-Meynis a tenu à
s'inspirer pour écrire son drame religieux. Le début de cette pièce rappelle
beaucoup le commencement A'Esther qui est d'une si noble facture. Si l'espace
ne me manquait pas, ce serait un plaisir pour moi de parler avec détails de cette
belle composition dans laquelle le sentiment religieux du grand apôtre des Indes
s'exhale avec une si imposante dignité et dans un langage que n'eussent pas
dédaigné les poètes du siècle de Louis XIV. Qu'on lise surtout la profession de
foi de saint François Xavier devant un prince musulman de l'Orient ; à quelle
hauteur ne s'élève-t-il pas dans cette majestueuse déclaration résumant toutes
les croyances des chrétiens. Ce drame, malgré la volonté de son auteur, est
arrivé un joui', en manuscrit, jusqu'à Beyruth, dans les mains des Pères Jésuites
qui oubliant que le pouvoir, en France, a crocheté leurs portes et les a jetés sur
le pavé des rues, et ne songeant qu'à la mère-patrie ont fondé à Beyruth, un
splendide collège uniquement destiné à maintenir et à étendre en Orient l'influence
de la France si gravement compromise par l'inepte politique de nos gouvernants.
Les Pères Jésuites, si justes appréciateurs du mérite des œuvres littéraires se
 sont empressés de faire jouer ce di unie sur le théâtre de leur maison, et le
applaudissements no lui ont manqué là ni partout ailleurs où il a été porté sur la
scène.
   Dans la pastorale (Sainte Germaine Cousin) se rencontrent les mêmes senti-