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202 LA REVUE LYONNAISE
bois et en ivoire; fabriquer du chocolat, des dragées, des peignes
en corne et en écaille, des limes, des fleurs artificielles ; broder
des mouchoirs ; tisser des velours, des cotonnades, des étoffes de
soie, des rubans ; confectionner des dentelles, des enveloppes de
lettres, des jouets ; sculpter des pipes ; ciseler des bijoux ; mani-
puler le coton et la soie ; frapper des médailles. Les forges de
Vulcaiu n'étaient rien auprès de ce pandemonium de l'industrie,
de cette apothéose de la machine.
Au fond, à gauche, il y a une verrerie vénitienne en activité.
On y a bien chaud, mais c'est si intéressant de voirie verre sortir
de la fournaise, sous forme de pâte incandescente, comme la lave
d'un volcan en éruption, et prendre mille formes fantastiques entre
les mains des ouvriers.
Les galeries adjacentes contiennent toutes sortes de machines,
toutes les applications possibles de la mécanique, depuis les ma-
chines k coudre et les pompes à incendie jusqu'aux horloges Ã
contrepoids et à une multitude d'échappements, pour les beffrois
et les édifices publics. Une galerie est spécialement consacrée k
l'exposition du ministère de la guerre, On y prend froid dans le
dos, k regarder les canons gigantesques, dans lesquels un tambour-
major pourrait jouer k cache-cache ; les obus, les schrapnels, les
boites k mitraille ; le matériel de fortification et de campement ;
les trousses de chirurgien ; tout l'énorme et terrifiant attirail indis-
pensable aux nations civilisées pour se massacrer comme des
sauvages. Une autre galerie d'aspect plus aimable, est réservée k
l'électricité et k ses de plus en plus nombreuses applications. Elle
comprend, k elle seule, environ quatre cents exposants.
FKANÇOIS COLLET.
(A suivre.)