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182 LA R E V U E L Y O N N A I S E
souvent dans la lutte : mêmes qualités guerrières, même intrépi-
dité chez tous les deux, et tous deux, ils reçoivent de leurs con-
temporains en admiration le surnom de « Brave ».
Guillaume II, surnommé le brave ligueur catholique, et que
le peuple appelait le brave Montréal est une figure qui mérite
l'attention de l'historien. Sa célébrité dépasse les limites de la
chronique. Henri IV le considérait comme un de ses meilleurs
lieutenants, et Louis XIII, prisant haut ses talents d'homme de
guerre, le fit maréchal de camp.
« Guillaume de Balazuc, dit l'abbé Soulavie S se distingua dans
toutes les guerres religieuses du temps. Il appartenait à une des plus
anciennes familles du Vivarais. Par son crédit et son autorité il
leva deux mille hommes dans l'espace dé deux jours, et cette armée,
il la payait lui-même de ses revenus. Nul ne connaissait mieux
l'art de la guerre dans les défilés et les gorges du Vivarais. »
Soulavie est en -deçà de la vérité. Le brave Montréal fut plus qu'un
chef de bandes, habile dans la guerre d'embuscade. Ce fut un vaillant
capitaine qui eut à livrer des batailles rangées, faire des sièges,
défendre des villes, faire, en un mot, la grande guerre. Sur une
plus vaste scène, ses talents et sa renommée eussent encore grandi.
Pas une page des Commentaires du soldat du Vivarais, ce
livre d'or de la noblesse de la province, qui ne contienne le récit
d'un exploit, d'une action d'éclat, d'un succès du brave Montréal.
Il est partout à la fois, et l'auteur des Commentaires a pu dire des
soldats catholiques qu'ils étaient « fortifiés par la créance qu'ils
avaient sur l'excellente conduite de M. de Montréal qui, lorsqu'ils
l'avaient à leur tête, toutes choses leur étaient jugées faciles 2 ».
Il s'appauvrit d'argent eu s'enrichissant de gloire, et de ce temps,
date la décadence matérielle des Balazuc. Ils possédaient alors les
seigneuries de Montréal, de Lanas, de Chazeaux, de Sanilhac, de
Joannas et le domaine patrimonial de Balazuc ; et Guillaume reçut
en outre, des mains du Roi, tous les biens du brave Brison, confis-
qués à sa mort 3.
1
De lui datent les restaurations dans le goût de l'époque (renaissance) des vieilles
•forteresses féodales de Balazuc, de Montréal, de Joannas.
2
Histoire du diocèse de Vioiers; manuscrit, grand séminaire de Viviers.
3
Détail caractéristique: Pierre de Marcha, deSaint-Pierreville, l'auteur des Com-