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148 LA. REVUE LYONNAISE « L'Académie des sciences, belles-lettrés et arts de Lyon avait été heureuse d'accueillir dans son sein un homme grand à la fois par l'intelligence, le savoir et le caractère. Elle fondait les plus grandes espérances sur les travaux dont Baudrier était appelé à enrichir son patrimoine ; aussi sa mort laisse-t-elle parmi nous un vide que rien ne pourra combler. « Les qualités de l'homme privé dépassaient encore, si c'est possible, chez Baudrier celles du magistrat. Il joignait au cœur le plus chaud, l'esprit le plus ouvert, le sens le plus droit et le carac- tère le mieux trempé. La Providence ne lui a pas ménagé les épreu- ves ; il trouvait dans son grand cœur la force de les supporter et ne recherchait en tout que la satisfaction du devoir accompli. « Sa vie n'a été que travail et dévouement. « Puisse le Ciel nous accorder la faveur de vivre comme il a vécu. « Tu reçois en ce moment, cher et vénéré Confrère, la récom- pense suprême méritée par tes vertus ; ton souvenir ne s'effacera jamais de nos cœurs et ta mémoire restera l'éternel honneur de ta famille et des corps qui ont eu le bonheur de te posséder dans leur sein. « Adieu, cher Confrère ! adieu ! » Ai-je besoin d'ajouter que M. le président Baudrier avait su trouver aussi le bonheur le plus parfait dans son union, le 29 mai 1847, avec MUe Marie-Julie Dechez, fille de M. Denis Dechez, juge au tribunal de Trévoux et de Louise-Eléonore Chamarande. Deux enfants sont issus de ce mariage : M. Julien Baudrier, né le 19 oc- tobre 1860. Son père le destinait aussi à la magistrature, mais ce n'est pas dans des familles comme celle de M. Baudrier que le Pouvoir d'aujourd'hui recrute ses magistrats... Le second enfant de M. Baudrier est une fille, MUo Hélène Baudrier, mariée le 30 août 1871 à M. Humbert de Terrebasse, nommé chevalier de la Légion d'honneur à la suite d'un glorieux combat où il fut blessé, pendant la cruelle guerre de 1870, et fils de M. de Terrebasse, historien dauphinois, dont il se plaît à suivre les traces. Mais Dieu n'a pas voulu que cette existence si heureuse dans