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118 LA REVUE LYONN'AISE
un malfaiteur dans la perpétration d'un acte criminel ; — aujourd'hui l'Etat laisse
livrés, sans répression, la religion et ses ministres aux plus odieux outrages ; s'il
n'a pas arraché encore Dieu de nos églises, il l'a déjà chassé de l'école. Entre
les mains de nos enfants il place les livres les plus détestables et leur enseigne
la morale dite positive qui ne peut que conduire à l'immoralité. L'autorité est
sans prestige, parce qu'elle est représentée par des hommes souvent dénués de
toute considération. La magistrature bafouée, décimée même par l'Etat, est sans
force et souvent sans action par l'immixtion d'individualités puissantes intéres-
sées à arrêter ou suspendre le cours de la justice. Le colportage répand librement
les plus affreux poisons jusque dans nos chaumières, et le chef du gouvernement,
abusant du droit de grâce, a comme effacé de notre code la peine de mort qui
retenait parfois le bras de l'assassin. Enfin, la libre-pensée, derrière laquelle se
cache la franc-maçonnerie, sera la ruine de notre pauvre France, et bien coupables
sont ceux qui s'en font un appui pour l'unique satisfaction de leurs basses ambi-
tions et de leurs ardentes convoitises.
Au livre de M. Bournet sont jointes de belles planches exécutées par M. Charles
Masson, en chromolithographie, lesquelles représentent par des lignes ascen-
dantes ou descendantes l'état de la criminalité en France de 1825 à 1882, selon
que le niveau moral de notre pays s'élève où s'abaisse dans cette période de
temps. Elles complètent admirablement la savante étude de M. Bournet. Le soin
de son impression a été confié à M. Pitrat aîné, on connaît depuis longtemps la
perfection des produits de ses presses, — cette même perfection se retrouve dans
l'ouvrage de M. Bournet dont la forme même ne laisse rien à désirer.
X. X.
LES GRANCOGNE-LÉOGAN, par M"* MARIE POITEVIN (Bibliothèque des
mères de famille). — L'ENFANT VOLÉ, par Louis COLAS. (Bibliothèque
des jeunes gens), Paris, librairie de Firmin Didot et Ci=, 1884. Chacun de
ces volumes, broché, prix : 3 francs.
Voici deux volumes que je me permets de recommander pour la bibliothèque
de la famille. Les Grancogne-Léogan offrent l'intérêt d'un récit dramatique, où
se trouvent en lutte les meilleures et les plus détestables des passions humaines.
Dans ce combat, une noble victime, Andrée de Grancogue, est sacrifiée et succombe.
Mais à la fin le repentir gagne l'orgueilleuse comtesse Galixte de Grancogne et
elle s'efforce de réparer, autant qu'il est en son pouvoir, le mal que son indomp-
table orgueil a causé. La narration de ces événements est attachante, le style de
l'auteur est facile et correct.
Tout en étant un peu plus sobre d'éloges en ce qui concerne VEnfant volé, où
les péripétiesdu récitauraient pu être parfois nouéesplus habilement,je dirai que,
malgré quelques imperfections, ce volume sait aussi captiver l'attention du lec-
teur. Les événements qui y sont contés se passent à l'époque de la Révolution, les
incidents dramatiques y sont nombreux et saisissants.
Inutile de répéter ce que l'on peut dire pour tous les volumes de ces deux col-
lections, c'est qu'ils sont irréprochables à tous les points de vue et peuvent être
laissés entre toutes les mains. G H. LA VENIR.