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LES T R É S O R S DES É G L I S E S DE LYON 75
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les boiseries et les stalles de cette cathédrale . Depuis lors, notre
primatiale a été entretenue avec soin, et sa décoration intérieure
refaite en partie. Son Trésor a été également reconstitué par les
archevêques le cardinal Fesch et le cardinal de Bonald. Tous deux
se sont attachés à recouvrer les objets anciens que la Révolution
n'avait pas pu détruire, et en acquérir d'autres de grande valeur
artistique. M. Lucien Régule a consacré un chapitre spécial à la
description de la collection de ce nouveau Trésor, dans sa splendide
monographie de la cathédrale Saint-Jean, et a dit aussi ce que
sont les manuscrits qui s'y rencontrent. Je n'en parlerai donc pas
avec détails ; il me suffira d'indiquer qu'on y rencontre, entre
autres :
Un coffret en ivoire du cinquième ou sixième siècle de l'époque
byzantine.
Un bénitier portatif du douzième siècle, creusé dans un tron-
çon d'ivoire avec monture en bronze moderne. Les quatre évangé-
listes et l'Annonciation, disposés sous des arcades, en garnissent le
pourtour.
Un plateau d''aiguière du treizième siècle; des jongleurs, des
chevaliers terrassent le dragon, avec ornementation t d'émaux
champlevés.
Croix de procession des douzième et treizième siècles et de la
Renaissance italienne.
Crosses en grand nombre, mais n'ayant pas appartenu à des
archevêques de Lyon.
Le nouveau Trésor de Saint-Jean possède aussi un grand
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La cathédrale de Lyon fut rendue au culte par arrêté de M. Najac, préfet du Rhône;
du 19 floréal an X, en conformité de la loi du 18 germinal de la même année,
mais le cardinal Fesch nommé archevêque de Lyon, ne prit pas immédiatement posé
session de son siège. Le 28 floréal, le préfet annonça au conseil municipal que Mgr
de Mérinoille, nouvel évêque de Chambéry, était désigné par le premier consul pour
administrer le diocèse de Lyon et le conseil vota 10,C00 fr. pour le recevoir.
La Révolution avait tellement saccagé la cathédrale de Lyon qu'on dut mettre l'église
Saint-Nizier à la disposition de l'archevêque, en attendant qu'on eut achevé à Saint-
Jean, les réparations les plus urgentes (Arch. munie. Arrêté du préfet du 10 floréal
an X).
Le maire de l'arrondissement chargé de la confection des travaux de restauration
de la cathédrale mandait au préfet: « Dans l'intérieur surtout, dit-il, on voit se repro-
duire des marques hideuses de dégradation. Le pavé, en grande partie, a été
mutilé pour devenir praticable aux chevaux et aux chars des fêtes de la déesse Raison. »