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66 LA R E V U E L Y O N N A I S E
On réserva cependant plusieurs vases sacrés, des diamants et
des pierres précieuses; mais on n'indique pas à la fin de cet état
le nombre et le poids des pièces de cette argenterie.
Dans le courant de 1792 d'autres envois ont lieu; on expédie
à la Monnaie de Paris 250 marcs, 7 onces, 4 gros à 'argenterie do-
rée, — 1 marc, 5 onces, 12 gros et demi d'or, et à la Monnaie de
Lyon 699 marcs, 7 onces et 9 deniers d'argenterie non dorée.
Maisà laméme époque plusieurs communautés religieuses avaient
remis, elles mêmes, à la Monnaie de Lyon, comme dons patrio-
tiques l imposés sur tout individu possédant plus de 400 livres
de rente, de l'argenterie d'une valeur de 10.000 livres; en outre,
on avait volé un calice et un ciboire d'or, valant 1500 livres
dont on avait fait don à la chapelle de Fourvière. On avait sous-
trait également un lingot d'argent provenant de la fonte de quatre
chandeliers qui avaient appartenu à la confrérie du Saint-Sacre-
ment, dans l'église Saint-Saturnin ; ce lingot pesait 94 marcs.
En novembre 1792 on expédie encore à la Monnaie de Paris,
1 marc, 2 onces 12 deniers d'or, et 453 marcs, 1 once et 3 deniers
d'argenterie 2. Le 30 octobre on avait déjà livré à la Monnaie
de Lyon 637 marcs, 3 deniers d'argenterie blanche. La valeur de
• l'or expédié était d'environ 500 livres et celle de l'argenterie
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Le 5 novembre 1790 le Directoire du district avait annullé un versement de 3167
livres fait par les chanoines de Saint-Paul, en vieille argenterie de leur église pour
leur part, de la contribution patriotique, et avait décidé que les religieux ne pou-
vaient disposer de leur argenterie laquelle appartenait à la Nation.
Les chanoines de Saint-Just avaient été blâmés aussi d'avoir déposé à la Monnaie
de la vieille argenterie d'une valeur de 7800 livres (Arch. dept. ; fonds de la Révolu-
tion, non invent).
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Le Directoire du district se vanta même du soin qu'il mit à s'emparer de toute
l'argenterie des églises, ainsi on trouve dans un rapport du Procureur général Syndic,
ce qui suit: « La vigilance du district n'a pas toujours eu besoin d'être provoquée par
lajloi. Ainsi, il a fait inspecter par ses commissaires les livres du Directeur de la
Monnaie pour découvrir si des chapitres et des corps religieux n'y avaient pas déposé
de l'argenterie des églises ; — enfin nous avons annulé le paiement du premier tiers
de la contribution patriotique de deux ci-devant chapitres de cette ville qui avaient
été faits en commun. »
Le 12 septembre 1790, il ne restait plus aux archives du district que 2 calices
avec leurs patènes ;un ostensoir; un croissant en diamants ; un autre ostensoir; une
croix d'autel; un petit ciboire ; 16 couverts, une cuillère à ragoût, deux boîtes de s
saintes huiles et du saint chrême ; les diamants et les pierres précieuses furent remis
au sieur Varet, receveur du district. Le curé de la Guillotière n'avait qu'un calice
fèlèi