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     Ainsi disparurent les derniers débris de cet atelier de la rue d'Amboise
qui fut, un temps, une véritable petite académie où se donnaient rendez-
vous non seulement tout le Lyon instruit et lettré, mais la France entière et
même un peu l'Etranger... On en doute ? voici mes preuves :
     Cibrario, Généalogie de la Maison de Savoie ;
     Le Mire, Lettres sur VItalie ;
     Denis, Histoire de VOrnementation des Manuscrits ;
     Prince Galitzin, Légende du Bienheureux Raoul de La Roche-Aymon ;
     Duplessis, Notice sur la Vie et les Travaux de Gérard Audran ;
     Curmer, Dresde ;
     Montanari, Vocabolaria délia lingua italiana ;
     Villiers de l'Isle-Adam, Premières Poésies ;
     Renouvier, des Gravures en bois dans les Livres d'Anthoine Vérard :
          Jehan de Paris ;
     E. de J. de Goncourt, les Saint-Aubin ;
     Jacquemart et L. Le Blant, Histoire de la Porcelaine ;
     Rouard, François Ier chez Madame de Boissy ;
     Guiffrey, Lettres inédites de Diane de Poitiers.
     J'en passe beaucoup.
     Les impressions de Perrin furent très nombreuses ; dans le catalogue
publié en 1880, au moment où se dispersèrent les livres qu'il avait rassem-
blés (Catalogue de la Bibliothèque de l'Imprimerie de Louis Perrin..., Lyon,
1880), le nombre de ses impressions s'élève à 286 ; elles n'y sont sûrement
pas toutes : j'en possède qui n'y figurent pas !
     J'ai fait ailleurs à Louis Perrin le reproche — oh ! très respectueuse-
ment — d'avoir galvaudé ses beaux caractères en les faisant servir à des
usages communs ; tout bien pesé, Messieurs, je me reprends : il n'y a pas
d'usages communs puisque, justement, la manière de présenter les choses
donne à celles-ci leur distinction et qu'elles cessent par là d'être vulgaires.
     L'œuvre de Perrin dépasse de toute la hauteur d'une pointe de génie
l'ouvrage habituel d'un imprimeur de province ; jamais, je le crains, nous
qui vivons en ce début du xxe siècle, ne reverrons un artiste de la lettre
aussi complet et aussi enthousiaste que lui.