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pour mieux dire, une course de chars dans un cirque. Je négligerai donc
celles où sont figurés quelque personnage isolé ou quelque épisode d'une
course, par exemple la mosaïque de Sainte-Colombe J qui est ornée à ses
quatre angles d'un quadrige. Comme tableau d'ensemble répondant à ma
définition, Artaud ne connaissait et ne pouvait connaître que la mosaïque
d'Italica, découverte aux environs de Séville, vers la fin du xvme siècle,
très gravement détériorée à l'époque de l'exhumation et détruite depuis.
Par bonheur, Alexandre de Laborde en avait fait l'objet d'une belle mono-
graphie illustrée 3. Le tableau central, entouré d'une vaste et riche bordure
dont la surface était de beaucoup supérieure à la sienne, reproduisait le plan
exact du cirque romain, moins les gradins des spectateurs. Il se terminait
donc, à une extrémité, par un demi-cercle, à l'autre par la ligne concave de
Voppidum. Cet oppidum, la partie la mieux conservée du tableau, était un
édifice en pierre, comprenant onze carceres, six à gauche de l'entrée, cinq Ã
droite. Au dessus de l'entrée, le président siégeait seul dans sa loge, la main
droite levée à hauteur de la tête. L'unique vestige de la spina était le sommet
d'une colonne surmontée d'un génie tenant une couronne et un rameau.
Dans l'arène il ne restait aucun quadrige intact ; on y voyait en bas, de
gauche à droite, deux cavaliers à casaques vertes, l'un galopant, l'autre —
desultor ou voltigeur — renversé sous deux chevaux ; puis les débris d'un
quadrige mis en pièces ; en haut, de droite à gauche, un sparsor vêtu d'une
longue souquenille à larges manches, portant un vase de ses deux bras
tendus ; un cocher blessé, un vert, soutenu par deux hommes à tunique
rouge ; un homme à tunique verte conduisant en main un cheval ; un char
retourné, avec un seul cheval attelé au timon en l'air ; un autre piéton vêtu
i. Georges Lafaye, Inventaire, n° 217 (=sans nul doute n° 232) ; Héron de Villefosse, dans Bulletin
archéologique du Comité, 1894, p. 224 et pi. XIV(reproduite dans l'album de l'Inventaire),— Je néglige aussi
la mosaïque de Sans, près Sennecey-le-Grand (Saône-et-Loire), dont le tableau central représente quatre
chars se poursuivant dans un lieu désigné comme un cirque simplement par une borne ; voir Héron de
Villefosse, dans Comptes rendus de l'Acad. des Inscr., 1898, p. 16 ; Adrien Blanchet, Inventaire, n° 785. - J'ai Ã
peine le droit de négliger un petit tableau de celle de Horkstow-Hall (Grande-Bertagne ) ; voir Gauckler,
art. « Musivum », dans Dict. des antiq. gr. et rom., p. 2,110, fig. 5.247. Il n'y manque que l'oppidum. Autour
de la spina, simple mur terminé par de doubles bornes, courent en bas trois biges ; en haut l'on voit, de droite
à gauche, deux cavaliers et un quatrième bige. L'un des cavaliers, ayant mis pied à terre, se porte au secours
du cocher de ce bige, victime d'un accident.
2. Description d'un pavé en mosaïque découvert dans l'ancienne ville d'Italica (Descripcion d'un pavimento
de mosayca descubierto en las ruinas d'Italica), Paris, Didot, 1802.