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Au dessus de la porte, la loge présidentielle, surmontée d'une draperie à
festons, est occupée par trois personnages, les trois juges de la course,
trinité exceptionnelle T : presque toujours le président est seul dans sa
tribune. Il tient ici, dans sa main droite, la mappa, le linge qu'il lançait
dans l'arène pour donner le départ (missus) aux concurrents. Il est en toge
bleue, comme l'assesseur de droite. L'assesseur de gauche est réduit à son
contour. De part et d'autre de la loge s'étend une galerie ; celle de gauche
est vide ; dans celle de droite, il n'y a qu'un personnage en tunique bleue,
« penché sur un bâton..., que nous avons soupçonné devoir représenter
celui qui vient de fermer les barrières », en manœuvrant, au moyen d'un
levier, la machine qui permettait de les ouvrir et de les fermer toutes à la
fois. Ce personnage est une nouvelle singularité sans autre exemple. Il est
coiffé de la même calotte rouge que les juges.
      La spina, le massif de maçonnerie qui partageait dans presque toute sa
longueur l'arène des cirques romains, est formée ici de deux parallélipipè-
des, le plus rapproché des carceres un peu plus long que l'autre et portant
vers son extrémité droite l'obélisque qui se trouve ainsi au milieu de la
spina. L'obélisque ne manque presque jamais dans les monuments; mais de
la spina divisée en deux parties je ne connais qu'un autre exemple, celui du
sarcophage de Foligno, où la plus longue est à droite avec l'obélisque à son
extrémité gauche 2. Dans le passage qui sépare les deux parties de la nôtre
se tiennent deux personnages, coiffés de rouge et vêtus de bleu, dont il ne
reste que les bustes ; l'un des deux porte une palme. Ces personnages sont
une troisième singularité de la mosaïque lyonnaise. Deux autres passages
étroits séparent, selon la règle, la spina proprement dite des bornes, metae,
qui se présentent sous la forme habituelle d'une base arrondie en dehors et
servant de piédestal à trois cônes allongés ; d'où leur nom de tribornes. La
décoration de notre spina proprement dite est anormale. « On n'y voit pas
cette multitude d'autels, de statues et de petits temples qui se trouvent sur
celle des cirques de Rome » ; disons mieux, sur celle d'à peu près tous les
monuments figurés. Cette anomalie est expliquée par une autre anomalie :

   i. On la retrouve dans le relief de Foligno.
   2. Zangemeister, p. 248, affirme à tort que c'est la plus courte.