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Ce petit volume in-24, de 164 pages, tiré à 30 exemplaires pour les trente dîneurs,
porte le titre suivant :
Banquet/ des j Intelligences / Recueil de table / tant soit peu pentagruélique
(sic) / à l'usage / des trente convives du Pavillon Nicolas j (Puis, en épigraphe, Ã
droite : ) L'homme est une intelligence j servie par des organes / De Bonald). /
Lyon, j Recueilli et imprimé par L. Boitel j secrétaire de la Chose j et l'un de ses
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deux typographes / demeurant quai Saint-Antoine, 36. j MDCCCXXXXIV .
Sur l'une des premières pages figure la liste des membres de la société, alors
au complet. Elle comprend, avec les convives déjà cités, une série de nouveaux
élus.
Les peintres Pierre Bonirote, ancien directeur d'une école de peinture à Athè-
nes, depuis peu professeur à notre Ecole des Beaux-Arts, Victor Fonville, paysagiste,
qui lithographie et excelle dans le portrait-charge, Jean-Jacques Rey, dit Laurasse,
auteur, lui aussi, d'amusantes caricatures dessinées ou modelées, A. F. Savette,
un Parisien établi à Lyon et devenu le décorateur attitré de nos théâtres, Anthelme
Trimolet, portraitiste et peintre de genre, collectionneur et archéologue, d'où, sans
doute, son surnom de « Fouilleron », le dessinateur de fabrique J. Rochon, l'archi-
tecte Tony Desjardins qui deviendra architecte en chef de la Ville.
Parmi les musiciens, Louis Jansenne, professeur de chant. Le 30 janvier 1843,
venant de l'Opéra-Comique, il avait débuté, comme ténor, sur la scène du Grand-
Théâtre, et, après un accueil peu encourageant, il s'était fixé à Lyon pour s'y con-
sacrer à l'enseignement. Des amateurs : Jacques Dubouret (ou son fils Pierre-
François-Alfred), teneur de livres 4 , Marc Brosse, gérant d'immeubles dans la maison
de « l'Homme d'Osier », très recherché dans la société lyonnaise pour son élégance
et sa jolie voix, Francisque Renard, baryton justement réputé et l'un des principaux
teinturiers de la ville. C'est de son laboratoire que sortit la fuchsine, que nous
devrions bien appeler en français la renardine. Musicien passionné et savant,
Francisque Renard était connu de tous les artistes de son temps — chanteurs ou
autres — qu'il obligeait pour l'amour de l'art et qui ne séjournaient jamais à Lyon
sans recourir à son expérience et solliciter ses conseils.
Puis un écrivain et poète, Amédée Roussillac, collaborateur de Boitel à Lyon
vu de Fourvières et à la Revue du Lyonnais, d'Adrien Péladan dans la France littéraire,
l'un des chroniqueurs théâtraux du Censeur. Enfin un futur maire et sénateur de
Lyon, Edouard Réveil, alors directeur lyonnais d'une compagnie d'assurances
contre l'incendie. Seul il représentera, sinon la politique, sagement exclue de
« la Chose », du moins l'administration, parmi douze peintres, dessinateurs, sculp-
teurs, architectes ou graveurs, sept musiciens, cinq écrivains, trois médecins, un
bibliophile et un imprimeur, presque tous d'ailleurs chansonniers ou poètes et
recrutés en majorité parmi les professeurs de l'Ecole des Beaux-Arts et les colla-
borateurs de la Revue du Lyonnais.