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     Celui-ci les légua, en 1916, à l'Académie Florimontane, avec le musée qu'il
avait installé, près de Lovagny, dans son château de Montrottier, monument histo-
rique, l'un des plus beaux spécimens de l'architecture ^féodale du XIVe siècle.
     C'est là que M. Charles Buttin a remarqué, puis identifié, après de longues
recherches, ce qui reste de la grille des Fugger — ce qu'un Lyonnais avisé en
avait sauvé de la fonte en 1806, sans se douter vraisemblablement que ces frontons
et ces bas-reliefs étaient l'œuvre des deux plus grands sculpteurs allemands de la
fin du XVe siècle et du début du xvie.
     Cette découverte fait actuellement grand bruit dans le monde des archéologues,
surtout en Allemagne, où les œuvres authentiques des Vischer sont aujourd'hui
extrêmement rares. Les musées allemands ont fait l'impossible pour acquérir les
bas-reliefs du château de Montrottier ; l'Académie Florimontane a naturellement
décliné leurs offres. Les artistes d'outre-Rhin, que la destruction de Reims a laissés
sans remords, déploreront sûrement le vandalisme des Nurembergeois qui, en
1806, vendirent comme vieille ferraille les frontons et les bas-reliefs des Vischer.

                                                                                       E. V.




     (1) Ces notes sont le résumé très succinct de le dernier chef-d'œuvre de Peter Vischer, par Ch.
Buttin et J. Serand, Annecy, J. Abry, 1921 ; in-8" de 28 pages, avec 13 planches (Extrait de la
Revue Savoisienne, 1921, 2 me trimestre).