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                                ADRIEN.

           Eh! le mot est grivois! mais j'aime à la folie
           Entendre des gros mots d'une bouche jolie!
     Quelle dépravation! Mais Agarite est triste. Il s'en aperçoit, l'in-
terroge :
           Dans le sein d'un ami tu ne veux rien verser?
    Agarite s'explique, et jamais poète n'a lutté aussi douloureusement
contre l'impuissance verbale :
           Tu le sais, Adrien, mon vieux père sans tache,
           Homme preux et féal, pour esquiver la hache
           D'un fourbe cardinal, tenant dans son manteau
           La France emmaillotée, et pour crosse un couteau,
           Cette France qui rit au roi comme au satrape,
           Qui lèche comme un chien le bourreau qui la frappe ;
           Tu sais que de son sang, pour sevrer Richelieu,
           Mon père enfin s'enfuit à Turin, en ce lieu,
           Qu'il crut hospitalier, demandant un asile
           Bien obscur, ignoré, pour achever tranquille
           Quelques jours lui restant. Mais qu'on peut se tromper!
           Or Richelieu, voyant sa victime échapper,
           A grands cris, altéré, redemande sa tête,
           Que son boucher comptait et qui manque à la fête ;
           Et le vieil Orlando, de Turin gouverneur,
           Enamouré de moi, — hélas! pourquoi? d'honneur!
           Je n'en sais rien, mais un refus l'irrite (sic) —
           Dit à mon père hier : Je demande Agarite.

     Arrêtons-nous. Le vieil Orlando, revenant à l'improviste, Adrien
veut tuer le « barbon ». Mais Agarite brise son épée, Adrien saute par
la fenêtre, on ouvre la porte et la pièce se termine un peu comme Bou-
bouroche.