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 le dernier par son étymologie arabe. Il rappelle que le papier nous a été
 apporté par les Arabes, mais qu'aucun auteur ne dit qu'ils l'aient fabriqué
 avec du coton ; au contraire, le manuscrit arabe n° 1573 à la Bibliothèque
 Nationale nous apprend que le papier employé au temps de Haroun-al-
 Raschid était fait de vieilles cordes de chanvre usées au service de la
 marine. Un autre auteur arabe (B. N., n° 874) dit que le papier du Kho-
 râsan était fait de lin.
      Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, dont le surnom doit faire respecter
le témoignage et qui avait visité l'Espagne où l'on faisait du papier au
 xiie siècle, énumère dans un passage célèbre et souvent cité (Tractatus
 contra Judaeos, Patrologie latine, vol. CLXXXIX, p. 606) toutes les
 substances sur lesquelles on écrit et n'oublie pas le papier ex rasuris
 veterum pannorum x9.
      Abd Allatif, médecin de Bagdad, qui voyageait en Egypte vers 1200,
rapporte que les Bédouins de la campagne volaient les linceuls pour en
 faire des vêtements ou les vendre à ceux qui font du papier.
      Shérif al Edrisi, géographe, mentionne vers 1150 la ville de Satiba
 en Espagne (Xativa) comme possédant des fabriques de papier, or elle
était célèbre pour ses toiles dès l'époque romaine.
      M. Briquet estime, que les différences des deux papiers proviennent
non de leur composition mais de l'eau avec laquelle ils ont été fabriqués,
de variations dans la fabrication, du collage (les papiers orientaux étant
collés à l'amidon), du satinage, de l'action de l'humidité pendant le cours
des siècles.
      Enfin, il aborde la partie expérimentale de son travail ; il décrit les
caractéristiques des fibres de coton, de lin et de chanvre. Celles de coton
vues au microscope affectent la forme de rubans aplatis dont les bords
se terminent en bourrelets brillants, très étroits. Elles sont longues,
tordues en spirales, leurs extrémités larges et arrondies. Les fibres de
chanvre et de lin sont de petits cylindres cannelés, striés, fissurés dans le
sens de la longueur, avec des renflements fréquents qui leur donnent
l'apparence du bambou. On distingue encore mieux toutes ces différences
avec la lumière polarisée. Il est impossible de se tromper.
      M. Briquet explique comment il fut amené à faire des analyses, il