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 sommes associés. On peut la définir facilement : c'est une politique pour
 l'Angleterre, d'intérêt immédiat ; c'est une politique qui se croit et se
 prétend réaliste et qui l'est en ce sens qu'elle s'est interdit toute théorie à
longue échéance, toute vue sur un avenir un peu lointain. Mais cette
politique si réaliste n'oubliait-elle pas de tenir compte des réalités, c'est-à-
 dire des véritables conditions des choses orientales et de la valeur relative
 des éléments ethniques qui s'opposent les uns aux autres dans le pays
 du Levant ? L'événement semble bien prouver, puisque la guerre continue
en Orient, et qu'on ne voit pas très bien comment on sortira de l'impasse
où on s'est fourvoyé, que la réalité tout de même a repris ses droits et
 que les calculs de la diplomatie anglaise se sont trouvés faux par quelque
 point.
      La pensée de l'Angleterre consiste très nettement à prendre pied dans
le Levant, au moins sur deux points qu'elle juge de capitale importance :
d'abord et ouvertement en Mésopotamie, puis d'une manière un peu
détournée au cœur même de l'Islam, à Constantinople. De quelle façon
a-t-elle conçu la réalisation de cette manœuvre dont, sur les deux fronts
où elle s'est portée, le succès jusqu'à présent n'est pas éclatant? Elle a
envoyé ou laissé, en Mésopotamie, un corps d'occupation qui lui coûte
si cher qu'elle songe à le rappeler, ou tout au moins à le réduire à d'assez
faibles contingents dont l'effort sera évidemment peu productif. Mais
c'était là pour elle déjà un très gros effort et elle ne voyait pas comment
elle pourrait d'autre part, par ses propres moyens, imposer aux nationa-
listes turcs la paix anglaise et l'ordre anglais qu'elle prétendait instaurer
en Orient. A peine lui restait-il assez d'hommes pour faire figure à
Constantinople et assurer contre des retours offensifs possibles
la sécurité des détroits. Elle a donc été amenée à chercher en
Orient même un appui militaire ; elle était disposée à faire des sacrifices
d'argent, à en demander aux puissances de l'Entente, à consentir et à
faire consentir des avances pour financer la campagne que nécessitait
le réveil de l'esprit national en Turquie ; elle était également disposée
à reconnaître le concours qui lui serait apporté par de larges concessions
territoriales, aux dépens de la Turquie bien entendu. C'est ce qu'avec
sa finesse habituelle, son coup d'œil d'une infaillible justesse M. Venizelos