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nental. « Votre Majesté, dit-elle, a gémi des maux que cet acte de sa puis-
sance, nécessaire, mais terrible, allait produire... lorsque nous considé-
rons quelle étroite amitié paraît attacher la Russie à l'Angleterre, nous
ne pouvons pas nous défendre de craindre que celle-ci n'exerce des repré-
sailles au profit de son alliée. Si les propriétés françaises étaient saisies en
Russie, nos malheurs seraient à leur comble et nous n'osons pas en
envisager l'étendue ».
Dans cette lettre à l'Empereur, du n décembre 1806, la Chambre
demande aussi que les villes de Leipzig et de Hambourg « si utiles l'une
et l'autre à notre commerce, obtiennent aux mesures rigoureuses dont
elles sont enveloppées tous les adoucissements qui peuvent se concilier ».
Dans son Histoire de la Chambre de commerce de Lyon, où il présente
une synthèse si remarquable des tendances doctrinales, des travaux et
des réalisations pratiques de l'illustre compagnie, Pariset insiste sur l'im-
portance historique de ce document et le cite en entier. Il montre en effet
quel rôle Lyon a joué de tout temps pour éclairer le gouvernement en toute
franchise sur les nécessités d'ordre économique qui conditionnent la
politique étrangère de la France. Sous la Restauration, nous voyons aussi
la Chambre de commerce, pour nous ouvrir des débouchés nouveaux,
inviter le Gouvernement à se hâter de reconnaître l'indépendance des
Républiques de l'Amérique latine, qui venaient de s'affranchir.
Plus d'une fois, la Fabrique lyonnaise a recueilli les fruits de la
politique libre-échangiste qu'elle avait adoptée. C'est ainsi qu'en 1870,
lorsque le marché de Paris se ferma, la Fabrique n'en souffrit que faible-
ment parce qu'elle continua à exporter dans le monde entier par l'inter-
médiaire de l'Angleterre.
En somme, l'industrie de la soie a subi forcément le contre-coup
des crises générales, mais elle s'est toujours relevée et n'a jamais cessé de
prospérer. Il n'est pas douteux que cette prospérité ne soit due, dans une
grande mesure, à l'étendue et à la variété des débouchés qu'elle s'est as-
surée à l'étranger. Dès 1835, la Chambre de commerce écrivait : « C'est
par dessus tout l'exportation qui alimente notre industrie et c'est essen-
tiellement au progrès du bien-être et de la consommation des pays étran-
gers que se rattachent nos propres développements et notre prospérité ».