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186 CAHIER DES DOLÉANCES DU TIERS ÉTAT DE t"ÃON
de la ville, ou que ces charges ne nuisent à la juste ré-
partition de la contribution publique entre les habitants
de la ville et ceux de la campagne.
Ce n'est pas que les habitants de la ville de Lyon
n'ayent le plus ferme et le plus constant désir de sup-
porter, en raison de leurs propriétés et facultés dans la
ville, l'impôt public, dans la plus parfaite égalité avec
les habitants de la campagne ; ce n'est pas qu'ils n'ayent
renoncé à toute espèce de privilège attaché à la qualité
de bourgeois de Lyon.
Les Etats Généraux, en consentant des impôts uni-
formes pour les habitants des villes et pour ceux de la
campagne, les impôts exis'tant ne devant plus avoir
lieu, il sera facile d'établir, dans la répartition de l'im-
pôt, l'égalité si justement désirée, et les habitants de la
ville auront à supporter, outre leur part égale et propor-
tionnelle dans la contribution publique, les droits lo-
caux résultant de la dette municipale.
Mais il importe, pour le bonheur de tous, de mettre
une borne à ces droits, et de les établir de manière Ã
ce que leur assiette ne puisse en aucun cas devenir nui-
suible aux habitants de la campagne.
La dette de la ville de Lyon a pour cause, en plus
grande partie, les avances faites au trésor royal pour
tout autre motif que celui d'acquitter des impositions
' communes à toutes les villes-.
Ainsi nos députés demanderont avec instance, que
toute la portion de la dette de la ville de Lyon, qui sepa
justifiée avoir pour cause des avances faites au trésor
royal, Ã tout autre titre que celui d'acquitter des impo-
sitions communes avec les autres villes du royaume, soit
déclarée dette nationale; et que l'Etat pourvoie au paie-
ment des arrérages et à l'extinction de ladite dette.