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112 JOURNAL PES NOUVELLES DE PARIS qu'on l'avait brûlé, ce qui l'engagea à demander au duc les 12,000 fr. dont il avait reçu la valeur suivant son acquit au dos de la lettre de change passée à son ordre. La cause a été plaidée par Laverdy pour Osorio et par Lenormand pour le duc ; ce seigneur a été honteusement condamné et a essuyé tous les brocards qu'une si belle action mérite. Ce 13 Avril 1735. Tout est dans la retraite et dans le silence. Les specta- cles sont fermés ; la littérature, de son coté, est dans une complète stérilité : il semble qu'elle soit bornée à nous donner de temps à autre quelques mauvais romans. On ne se contente pas d'en créer de pitoyables, on va jusques dans la bibliothèque de Don Quichotte qui avait été si prudemment incendiée par le curé, comme est la tra- duction donnée par M. de Caylus d'un roman espagnol appelé Tiran le Blanc qui est le mélange le plus extrava- gant de sacré et de profane. . Ce 14 Avril 1735. Il est arrivé, ces jours derniers, une aventure assez désa- gréable au fils de M. Dumay que vous avez fermier géné- ral à Lyon. Il avait envoyé l'année dernière son troisiè- me fils à la guerre. A son retour, il donna à son père une liste des dettes qu'il avait faites pendant la campagne. Un officier vint se présenter à M. Dumay avec un billet de son fils de cent louis d'or Le père ne le voyant pas sur la liste, fit appeller son fils qui nia d'avbir signé le billet et méconnut l'officier. Celui-ci, pour se venger, l'a- yant trouvé quelques jours après, lui proposa de s'aller promener au bois de Boulogne, où, ayant mis l'un et l'au- tre-l'épée à la main, ils se firent une passe au collet, lais- sèrent tomber leur chapeau et leur épée, et achevèrent