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CHRONIQUE LOCALE — Lyon est §mu, Lyon est agité, Lyon ne sait auquel entendre, Ici le Petit Lyonnais, Là le Lyon Républicain. De vastes affiches couvrent toute la ville appelant : aux armes ! il y a de la poudre en l'air. Les frères ennemis sont aux prises et avec d'autant plus d'acharnement qu'ils sont frères et soldats d'un même dra- peau. Ah! s'ils étaient de deux camps rivaux, de deux partis opposés, comme ils seraient moins violents et plus courtois ! Autour d'eux, la foule électrisée fait galerie, prend parti et juge les coups. A chaque instant, des amis zélés descendent aussi dans l'arène et reçoivent une grêle de horions rudement assénés. Heureux qui a la prudence de se tenir éloigné, car la fureur des combattants est au comble ; les armes sont terri- bles ; on ne ménage plus rien, on frappe à l'aveugle et plus d'un imprudent qui est venu voir se sent cruellement blessé. Quant aux combattants, ils ont la vie dure et ce n'est pas de longtemps que l'un d'eux succombera. Peut-être même, y a-t-il des batailles qui font vivre, comme d'autres font mourir. Cela s'est vu. — Sans combat, nombre de personnes ont, le 5 de ce mois, perdu bien malheureusement la vie. Une fabrique de produits chimiques, aux Charpennes, a pris feu, des fûts de pétrole ont fait explosion et vingt cinq ou trente personnes ont été plus ou moins cruellement atteintes. De malheureux ouvriers, de zélés sauveteurs accourus au danger, des