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196 PROBLÈME D'ARCHÉOLOGIE
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dans le \ siècle, qui établit les premières reeluseries au sein de
notre ville fi). Cette institution peut paraître assez singulière :
les reclus de l'un et de l'autre sexe s'enfermaient volontaire-
ment pour le reste de leur vie. Chaque cellule ne devait avoir
que dix pieds de hauteur et autant de largeur; il fallait qu'elle
fût placée près d'une chapelle, afin que le reclus, au moyen
d'une ouverture pratiquée dans sa sellule, pût entendre la
messe., Losqu'un pénitent s'était ainsi dévoué à la réclusion, il
ne lui était plus permis de sortir, et l'évêque, qui l'y renfermait
avec certaines^cérémonies, scellait la porte et y apposait son
cachet. 11 paraîtrait cependant que tous les reclus n'étaient pas
soumis à un emprisonnement aussi exagéré ; car on lit dans
l'Histoire ecclésiastique de l'abbé Fleury, « qu'ils pouvaient
« avoir au-dedans de leur réclusion un petit jardin pour prendre
« l'air et planter des herbes. » (L. LIV, chap. 21.) Ce privilège,
ainsi que je l'expliquerai plus loin, avait été probablement
accordé aux reclus de Saint-Epipoy.
Je ne comprends pas comment la vie était possible dans de
semblables conditions, et cependant on cite plusieurs de ces
pauvres fanatiques qui ont eu des existences excessivement
prolongées. Le 5 octobre 1403, Agnès de Rochi'er, fille d'un
riche marchand de Paris, qui demeurait dans la rue .Tibautodé,
se fit recluse, à l'âge de 18 ans, à la paroisse de Sainte-Oppor-
tune, et mourut dans sa cellule, âgée* de 98 ans et parconsé-
quent en 1501 ; ce qui prouverait qu'au commencement du
xvie siècle les reeluseries n'étaient pas entièrement supprimées,
ou que du moins les reclus avaient l'obligation d'y achever
leur existence. Cochard prétend que cette clôture extraordinaire
a cessé d'avoir lieu au commencement du xvie siècle. [Arch.
hist. etstat. du Rhône, I, page 408. — Le grand vocab. fran-
çais.) M. de Lagrevol, dans sa notice sur saint Âvite, parle
d'un barbare, nommé Léonien, converti au christianisme,
(1) L'expression de tecluserie est parfois remplacée par celle de reclu-
sihre. Le P. Ménestrier parle de la chapelle de Sainte-Madeleine, « zn-
« cienne rcclusière , qui sert d'église aux religieuses du Verbe-incarné. »
P. 370.