page suivante »
474 REQUÊTE DES HABITANTS DE PASSIN.
exactions et des extorsions commises en ce temps-là par
les troupes qui, sous le prétexte du logement et des vivres
auxquels elles avaient droit, violentaient et volaient les
malheureux habitants des campagnes et se conduisaient
avec autant de licence qu'en pays conquis.
MONSEIGNEUR, •
Monseigneur le duc d'Epernon de la Valette et de Candalle,
pair et colonel gênerai de France, prince et captai de Bucfa,
gouverneur et gênerai de larmee du Roy en Bourgogne et Bresse.
Supplient humblement les pauvres habitans du village de
Passin et Cbimillieu en Valromey et disent que par vostre
du dix-septiesme de mars de la présente année, mil six cens cin-"
quante trois, ils ont soufférlz le logement de la compaignie de
cavalerie du sieur baron de la Clayette du régiment d'Huxelles,
l'espace de dix jours, Ã laquelle ils ont fournis les vivres et sub-
sistances nécessaires et que pour ce faire leur nécessite le* a
contraint de s'engager à divers particuliers, jusqae a la somme de
quatre milz livres qu'il leur est impossible de pouvoir rendre,
tant a cause des aultres logements qu'ils ont heu lannée dernière,
d'une compaignie du régiment lyonnais commande par le sieur
du la Chambre, d'une compaignie de cavalerie du sieur gou-
verneur de Lescluse ausquelz ils ont aussy fournis pour leur sub-
sistance plus de deux milz livres, que a raison de l'incendie arri-
vée au dit lieu de Passin le quatorziesme de mars de la d. année
mil six cent cinquante deux laquelle auroit brusle plus de qua-
rante deux membres de maison avec leur eglize pà rossialle et
cloches au nombre de trois sans reserve daulcuns ma-
tériaux oultrc divers aultres malheurs qui les ont reduietz à une
si grande pauvreté qu'ilz nont aulcuns moyens pour restaiblirlcur
dicte esglizc et encore moings de payer ce a quoy ilz sont obliges
a cause des d. logemens subject pour lequel ils sont contraintz
recourir a vostre altesse a c e quil luv plaise ayant esgard a lex-
pose cy dessus et veu les ordre et certiffications cy joinctes leur
donner pour ayde telz de leurs voisins quil luy plaira nayant