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446                      DU SURNATUREL.
 surnaturel. 11 ne servirait à rien d'objecter que la divination,
 les oracles et les prodiges du paganisme n'étaient que des im-
 postures. A ce point de vue, ce n'est pas nous qui les défen-
 drons. Sans doute, si l'on regarde aux faits particuliers des ora-
cles, des prodiges et aux pratiques de la divination, le men-
songe était là. L'histoire du paganisme, à cet égard, n'est qu'un
fastidieux ramas de faits controuvés, ridicules. D'ailleurs, com-
ment de vaines idoles auraient-elles pu servir d'intermédiaire
au pouvoir divin ? Mais si ces faits étaient reçus de bonne foi
par leâ peuples comme étant divins, ne produisaient-ils pas le
même effet que s'ils l'avaient été réellement? Et la croyance
générale à ces faits en était-elle moins la croyance au surnatu-
rel? Ici, ce qui doit fixer notre attention, c'est plutôt le prin-
cipe de la croyance populaire que le fait des prodiges mêmes.
   Qu'est-ce qui inclinait l'esprit des peuples à croire aux ora-
cles, aux prodiges, à la divination, sinon cette conviction in-
time que Dieu intervient quelquefois dans les affaires humaines
autrement que" par les voies ordinaires de sa Providence? Or,
cette conviction intime, d'où pouvait-elle venir, sinon de ce sen-
timent profondément religieux qui, chez tous les peuples, avait
survécu, comme un débris vénérable, au naufrage de la révéla-
tion primitive? Sinon de cette persuasion logique que si Dieu a
fait l'homme, il doit exister, entre Dieu et l'homme, des rap-
ports nécessaires de paternité et de filiation, qui obligent Dieu
à s'occuper de l'homme, et, dans certains cas, à lui fournir des
marques spéciales de sa puissance, de. sa justice et de sa bonté?
Sinon enfin, du souvenir traditionnel des grandes opération?
divines? D'où il suit que la raison de la croyance des peuples
aux oracles, aux prodiges et à la divination était indépendante
du charlatanisme de l'erreur dans la pratique de ces choses.
   Et si la croyance des peuples aux oracles, aux prodiges et à
la divination n'avait pas sa source dans le principe indiqué,
comment expliquer la [permanence et la généralité de cette
croyance? Par les préjugés? Mais, les préjugés ne sont ni per-
manents ni universels. Par la politique des législateurs? Mais,
si la politique des législateurs se sert volontiers 'Jes croyances