page suivante »
414 LA REVUE LYONNAISE si riche talent soit renfermé, comme on le pense aujourd'hui, dans la seule connaissance des vers hexamètre et pentamètre (fi donc!), il exige encore celle des vers phérécréatien, saphique, alcmane, adonique, ionien, phalence, glyconique, archiloquien, asclépiade, alcaïque, scazon, trochaïque, falisque, brachycatalecte et surtout iambique, dimètre et trimètre. (Qu'en dites-vous? Au savoir qu'on exige du correcteur, connaissez-vous beaucoup d'écrivains dignes de tenir la plume ?) — En effet, si un chef imprimeur donne à ses correcteurs, pour le profane, un Horace, un Ovide, un Pindare, et pour le sacré, un Bréviaire, un Graduel, des Heures, un Vespéral, surtout un Paradisus à corriger, alors, ne faut-il pas que ceux-ci sachent tous les vers précités dont sont composés les proses et les hymnes qui abondent dans ces livres divers ? » Sachent par cœur, ô Mazoyer! ne leur donnez-vous pas là une rude tâche ? Peut-être avez-vous simplement voulu dire : connaître, apprécier, juger; alors nous sommes de votre avis d?.ns sa rigide sévérité. Mais le plus singulier, le plus curieux de ce poème, de cette pré- face, de cette brochure enfin, c'est son titre, à coup sûr. Le voici : « Dyssergie lugduhoprototechnique ou décadence du premier des arts à Lyon. Progrès actuels du même art, mais particuliers. Ouvrage dédié à tous les savants de cette Métropole, principalement au clergé et à l'Aca- démie, par Mazoyer, bachelier, correcteur-typographe. «Lyon, chez les principaux libraires, 1848, iii-8. » Dyssergie lugdunoprototcchniquel Comme on devine bien que notre correcteur n'écrit pas pour des ignorants ! On voit encore et surtout que le sérieux savoir de Mazoyer était mélangé d'une forte dose d'originalité, nous allions dire d'excen- tricité, avec un petit grain d'enfantillage. Cette brochure est datée de 1848, mais, naturellement, le poème était antérieur, et la préface elle-même paraît aussi plus ancienne, Car aucune préoccupation politique ne perce dans ces discussions