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438              CHRONIQUE D'AVRIL     1899

traverse la gare de Perrache ; il va montrer le nouveau
président de la République à ses concitoyens de Montéli-
mar, qui se préparent à l'étouffer dans leur délire, dans
leur orgueil d'avoir un des enfants du pays élevé à la plus
haute magistrature de France. A son retour, M. Loubet
nous laissera à son passage à Perrache, le 8, M. Dupuy,
président de son Conseil des Ministres, qui assistera le soir
au premier bal donné à l'Hôtel de Préfecture, par M. et
Mme Le Roux.
   Pendant ce temps, M. Gailleton, maire de Lyon, faisait
bénir par M. le curé Méchin, à Saint-Bonaventure, dans la
chapelle de Saint-Antoine de Padoue, son patron, son
mariage avec Mlle Senocq, professeur du Conservatoire.
   Et dire que M. Gailleton n'a pas songé qu'il allait inau-
gurer sa lune de miel en pleine lune rousse. Di avertant
omen !
   De Paris, nouvelle intéressante pour l'art, le Comité formé
pour ériger dans la capitale le monument à notre illustre
compatriote Puvis de Chavannes constitue son bureau.
Le président en est M. Carolus Duran ; les vice-présidents
MM. Avnard, député du Rhône, vice-président de la
Chambre des Députés ; Bonnat, membre de l'Institut, le
Maire de Lyon et le Président du Conseil municipal de
Paris. Rodin exécutera le monument qui sera probablement
placé dans le nouveau square de Cluny. Pourvu que la
statue de Puvis de Chavannes n'ait pas le sort malencon-
treux de celle de Balzac !
   Le 10, poignée de petites nouvelles intéressantes à rete-
nir. On nous annonce le prochain mariage de notre aima-
ble confrère du Progrès, M. Mirande, le chroniqueur théâ-
tral si estimé, un des plus sympathiques professeurs du
Conservatoire, directeur et fondateur des Concerts sympho-