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          UNE   VISI'I'K   AU   SALON   DK   BKLLKCOUR      }2)

enserrer. Le tout représente une scène assez équivoque
intitulée Sirène. Tout bon dictionnaire porte après le mot
sirène :
   « Monstre fabuleux, moitié femme et moitié poisson,, dont le
rôle dans la légende consistait à attirer les navigateurs avec le
charme de leur voix, à les précipiter dans leur antre pour les
dévorer. »
   Depuis longtemps on ne parle plus des sirènes, la
locomotion à outrance, la vapeur, l'électricité ont révolu-
tionné leur empire. Les sirènes des grands paquebots ont
paralysé leurs cordes vocales et le Nautilus leur a donné
le dernier coup. En vovant les habitants de la terre
envahir leur domaine, les plus hardies d'entre elles réso-
lurent d'aborder le continent, le désir développa les langes
qui emmaillotaient leurs jambes et depuis on en rencontre
un peu partout, embusquées sur le théâtre de la grande
 vie mondaine ou rôdant au coin des carrefours. Etres
 hybrides faits de convoitises et d'inconscience, semant
 autour d'eux le doute, d'où germeront la misère et la
 décadence, et à la suite desquels on peut crier : Une âme
 à la mer! Si notre solution est juste, l'œuvre de M. de
 Gravillon est une œuvre pie.
   En entrant à l'exposition de peinture nous irons droit à
l'Armurier de M. BONNAUD, comme à la meilleure des
œuvres répondant à notre programme lyonnais. Le sujet
en est bien simple : Un gentilhomme du temps de Louis XIII
et un armurier dans son atelier examinent la garde d'une
épée. Là, tout est harmonieux : des figures expressives, des
attitudes parfaites, pas d'effet cherché, travail serré, sans
négligence, avec des détails que M. Bonnaud a dû envier
au Serrurier de Bonnefond que l'on admire au Palais Saint-
Pierre, tout au plus pourrait-on réclamer un peu d'air