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LES THURNEYSEN I75 était, comme la plupart des graveurs en taille-douce de son temps, comme les Audran, les Cars, Drevet, éditeur et marchand d'estampes ( i ) . Il a eu à Lyon, tandis qu'il demeurait « au coin de la Poulaillerie » ou dans la rue des Quatre- Chapeaux, un atelier dans lequel il employait quelques graveurs et d'où sont sorties des estampes, surtout des images de piété, à l'exécution desquelles il n'est pas douteux qu'il a été personnellement étranger. Le dessin est aussi mauvais que la gravure. Ces images, qui devaient être vendues à un prix très modique, ne sont pas signées ; elles ne portent que le nom ou le domicile de l'éditeur, soit /. , / . Th. ex (excudit) ou « chez J . J. Thurneysen... » soit « au coin de la Poulaillerie... » ou « à l'Impératrice... ». On peut juger de la médiocrité de ces ouvrages par une estampe que le Musée historique des Tissus de Lyon possède. Nous la signalons à raison de l'intérêt parti- culier qu'elle a. Elle représente un Ecce Homo (n° 459) qui est la reproduction de celui que Pierre Vigier a brodé, en 1621, au point de satin, en soie et or, sur un corporalier, conservé aujourd'hui dans le même musée, spécimen bien caractérisé de notre art de la broderie sous Louis XIII. Une autre estampe de ce genre, l'enfant Jésus agenouillé devant les instruments de (1) Quelques estampes gravées par Thurneysen, entre autres le Christ entouré de tiges de blé et de rameaux de vigne (1664), étaient en vente « chez Thourneysen et Cars », c'est-à -dire en même temps chez Thurneysen et chez Cars, car il ne paraît pas que Thurneysen ait jamais et; associé avec François Cars,