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298 LES ÉLÈVES SOURDS-MUETS Ces trois jeunes élèves imitaient rapidement et facile- ment l'exercice labial du professeur, et si leur voix n'a- vait pas toute l'harmonie qu'on exige d'une personne du monde, dans la conversation d'un salon, elle n'avait ce- pendant rien de trop rude ni de trop choquant. On comprend toute la peine qu'a dû avoir le professeur pour enseigner jsar la vue et le toucher ce que les autres enfants saisissent par l'ouïe. Le mécanisme de la parole est Compris et su. L'élève sait imiter les sons, prononcer les voyelles, puis les con- sonnes, puis des mots entiers. Un second exercice nous a fait faire un pas de plus dans l'organisation de l'ensei- gnement. Des tableaux représentant une basse-cour ont été sou- mis à deux jeunes élèves ayant, l'un deux et l'autre trois années d'études. A chaque oiseau indiqué, à chaque objet "signalé à leur attention, ils en donnaient le nom et en expliquaient la valeur ou l'usage, par la parole, posément, carrément, mais sans hésitation et sans erreur. De grandes découvertes s'étaient donc faites dans leur jeune intelligence. Us savaient ce qui fait le mécanisme de la vie à la campagne ; ils avaient appris l'usage des choses et s'y intéressaient. Mais plus loin encore que ce qui touche les sens, que d'objets qu'on ne peut ignorer ! Un élève de quatrième année nous a donné une le- çon de géographie et nous a décrit Lyon et le Rhône, comme un homme maître de son sujet. Une dictée faite à deux élèves a été reproduite habile- ment sur le tableau et avec toute la correction désirable. Une gravure, représentant Charles-le-Téméraire de- vant Nancy, a été expliquée et décrite avec tous les dé-