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 292                      THIERR1AT

Vierge dans une niche d'un gracieux style. Les grands
travaux de l'Empire ont fait disparaître la plupart de ces
ornements, œuvres aux fines proportions, dédaignées du
vulgaire et des démolisseurs, et qui méritaient d'être con-
servées par le moulage ou la photographie.

   Or, vers 1845, sous l'administration de M. Martin, l'un
des derniers maires de Lyon, un homme, un artiste, avait
conçu le projet de faire reproduire par le moulage, et de
réunir dans une galerie publique, toute cette vieille orne-
mentation lyonnaise digne d'être conservée, afin de four-
nir aux dessinateurs, aux ornementistes, aux architectes,
des matériaux de bon goût et de styles variés. Cet homme
si bien inspiré, dont l'intelligence avait devancé de trente
années, à l'exemple de Revoil, de Trimolet, de Carrand
et de quelques autres rares amis, le réveil du goût pour
les nobles débris du passé, c'était Augustin Thierriat, le
conservateur des Musées de Lyon, le créateur de la gale-
rie des peintres lyonnais, galerie qu'on dit unique dans
son genre en France et en Europe.

   Il offrit au maire de Lyon de réaliser ce projet à peu
de frais, moyennant une dépense annuelle de 600 francs,
pour la rétribution d'un adroit mouleur placé sous sa di-
rection. Il aurait ainsi recueilli les empreintes de tous les
ornements, pierre ou bois, qui décoraient les églises, les
monuments, les vieilles maisons, à l'intérieur et à l'exté-
rieur, et la moisson eût été abondante, car alors Lyon
fourmillait de motifs dignes d'être conservés, qui, depuis,
sont tombés sous le marteau, ont été brisés, dispersés,
perdus pour toujours.

  L'ancien réfectoire des dames de Saint-Pierre, alors