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                          THIERRIAT                      293
 inoccupé, devait être consacré à ce musée artistique et
 industriel, dont la photographie aurait augmenté les ri-
 chesses, et aujourd'hui, nous aurions des matériaux pré-
 cieux, non-seulement pour l'industrie et la décoration,
 mais encore pour l'histoire de Fart dans notre vieille cité
lyonnaise.
    Ce projet si simple, si peu coûteux, pour l'exécution
 duquel le Conservateur désintéressé ne demandait aucun
 supplément de traitement personnel, fut d'abord goûté et
 adopté par le maire, et le mouleur allait se mettre à l'œu-
 vre lorsqu'il reçut contr'ordre. La nécessité de fournir un
local à la Compagnie des agents de change de Lyon, pour
leurs opérations financières, fit jeter les yeux sur l'ancien
réfectoire destiné au futur Musée ; il devint la salle de la
 Bourse, et le projet de l'artiste fut ajourné. Plus tard, il
le présenta de nouveau, et à plusieurs reprises, h l'admi-
nistration municipale, mais le défaut d'un local fut la
pierre d'achoppement contre laquelle ce projet vint se
briser, et, devant les refus réitérés de l'administration,
l'artiste finit par garder le silence.
    Quinze ans après, la Ville comprit enfin la nécessité de
ce musée industriel et historique, et en. ouvrit un splen-
dide dans le palais de la Bourse, récemment construit.
Mais la Chambre de commerce dut faire alors, pour meu-
bler ce musée, des dépenses bien plus considérables que
la modeste allocation autrefois demandée par Thierriat,
et, en outre, tout ce qui était tombé sous le marteau et
aurait été sauvé par lui du naufrage, avait disparu.
   C'était devant cette niche de l'hôtel du Parc et devant
l'image vénérée qu'elle contenait, que, vers 1796, un en-
fant désolé, âgé de sept ans, joignait les mains et deman-
dait en pleurant à la sainte Vierge de faire un miracle et
de changer tous les jours en jeudis.