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Est-il climat pareil au doux climat des Cuses ? *
Nul travail ! si ce n'est de rouvrir les écluses
Lorsque la terre a soif, et de les refermer
Quand l'herbe se ranime ou commence à germer.
Les limoniers, enfants d'une riche nature,
Avec tous leurs limons y poussent sans culture ;
L'olivier y descend de gradins en gradins
Sans que son ombre nuise à tous ces beaux jardins.
Au spectacle des mers, là, si quelqu'un s'oublie,
A droite il voit la France, à gauche l'Italie,
Et son œil se remplit d'azur et de clarté :
Que l'abondance est belle avec l'immensité !
Celle-ci n'est qu'à Dieu ; mais la douce abondance.
Auprès de sa grandeur, montre sa providence.
Là, sous un toit rustique, un vieillard habitait,
Non pas seul, quoique veuf, car un fils lui restait,
De son hymen brisé fragile et dernier gage.
Jeune homme impatient, tout rempli de courage,
Mais qu'en père craintif, comme un père éprouvé,
Dans cette solitude il avait élevé.
Souvent de sa retraite il lui vantait les charmes :
« Ici, lui disait-il, jamais le bruit des armes,
Jamais l'ambition n'a troublé mon sommeil :
Que peut-on souhaiter, quand on a le soleil ?




    * Sur la frontière italienne, près du pont Saint-Louis.