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MAURICE SIMONNET. 453 qui le chargeaient aveuglément de leurs plus sérieux inté- rêts. Son oncle fut pendant de longues années secrétaire de la Chambre de commerce ; journaliste habile, polémiste ardent et convaincu, il combattait, avec les conservateurs de la Gazette universelle, contre les troupes légères du Précurseur et du Censeur. Le parti de Simonnet fut vaincu, la Restauration s'écroula et la Révolution de juillet apprit à la France combien il est facile de renverser un pouvoir. Mais ceci nous sort complètement de notre sujet. Simonnet, né dans un milieu intelligent et littéraire, montra bientôt qu'il était de la famille. Son esprit vif sai- sissait tout ; son babil, sa gaîté, ses réflexions sagaces amusaient et charmaient le foyer paternel ; il était déjà l'idole de tous, comme plus tard, dans le monde, il sut s'acquérir toutes les sympathies , s'attacher toutes les amitiés. A neuf ans, il entra aux Minimes, et là aussi ses qua- lités éclatèrent. Excellent élève, travailleur, brillant par la mémoire et le jugement, il surmontait toutes les difficultés et tenait la tête de la classe; en récréation, âme de tous les jeux, il remplissait les cours de sa turbulence et de sa vivacité, mettait tout le monde en train, organisait, guidait, dirigeait, mais son cœur était si bon, son âme si droite et si naïve qu'en remuant tout il ne froissait ni ne choquait personne ; on l'aimait, tout lui cédait ; il ne pou- vait offenser ; c'était lui. Ainsi se passèrent les premières années. Ses dernières . études se firent au lycée où ses brillantes qualités ne lui firent pas défaut. C'est de cette époque heureuse que da- tent ses premières pièces littéraires ; il versifiait avec une abondance et une facilité sans pareilles; tout lui était sujet à poésie; la rime accourait avec une rare obéissance, le vers coulait souple, clair et lumineux, la pensée était juste, vive et gracieuse; il rappelait ces improvisateurs italiens que rien n'embarrase , rien n'étonne. Dès lors, ce fut un