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REVUE DU MOIS 469
>j< J'ai craint, tout à l'heure, de manquer de révérence à l'Acadé-
mie, et voilà qu'il me faut, sans transition, parler des « Gones ».
Vous savez qu'au dehors, à Paris surtout, on désigne couramment
sous ce nom les enfants de Lyon. Il n'y a d'exception que pour les
académiciens et les gens décorés — et encore pas pour tous.
Entre artistes et littérateurs il s'est donc formé, à Lyon même,
une Société des Gones, et, cette année, leur Président, M. Castex-
Dégranges, qu'il n'est point besoin de vous présenter, voyant les peintres
entre deux'Sociétés et se rappelant la parabole de l'homme entre deux
chaises, a eu l'idée d'organiser, à tout hasard, une exposition au profit
des Fourneaux de la Presse.
Le local est exigu, deux cents œuvres seulement y ont trouvé place,
mais il en est hon nombre qui méritent votre visite. Le jeudi 22, jour
du vernissage, il y avait affluence telle, que j'eusse mis au défi d'y
glisser, de onze heures à quatre heures, seulement l'ombre d'un
vernisseur et d'une échelle.
>K Noël est venu, et, comme appelée par la date, la neige a blanchi
nos rues et nos toits. Une messe de minuit sans neige et sans frimas,
c'est comme une journée de Pâques sans soleil.
Puisse Noël avoir mis des bons de pain dans tous les sabots des
pauvres ! De votre mignonne pantoufle, madame, et des chaussons de
vos enfants, je n'ai pas à m'inquiéter, persuadé que les plus beaux
jouets et les plus délicieuses fantaisies s'y sont trouvés à point.
Les Alsaciens-Lorrains ont eu aussi leur arbre de Noël, un fier
sapin qui dressait sa verte cime dans la grande salle de la Bourse.
>K Et maintenant, que toutes les joies écloses pour vous dans l'an-
née vous soient maintenues! Que chagrins et regrets s'adoucissent
sous le baume du temps ! Que tous les jours de l'année nouvelle soient
marqués à votre foyer par un de ces cailloux blancs qu'affectionnait le
poète et dont la destinée sera toujours trop avare !
M. J.
75m