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I78 LES SALONS D'AUTREFOIS A part quelques exceptions, on n'allait à la campagne que pendant deux niois : septembre et octobre, époque des vacances, de la chasse et des vendanges, qui étaient ordinairement l'occasion de fêtes et de plaisirs presque oubliés, les mœurs nouvelles ayant complètement boule- versé les rapports bienveillants et familiers qui existaient alors entre les propriétaires urbains et les ruraux. Les jeunes châtelaines de ce temps-ci ne se déguiseraient plus en paysannes pour venir danser avec les fils et les filles de leurs fermiers, comme je l'ai vu dans ma jeunesse, à la grande joie de tous, et cela, je puis vous l'assurer, dans de véritables châteaux. Les chemins de fer ne favorisaient pas l'éparpillement des familles nombreuses, où toujours quelqu'un est en route. On n'avait pas la facilité des pèlerinages lointains et des voyages à prix et temps réduits. Le type de Mmc Benoiton est d'invention toute moderne. Les dames n'avaient pas besoin de sortir tous les jours pour les emplettes de leur ménage et de leur toilette. Je me rappelle que les grandes maisons de détail en- voyaient leurs étoffes et leurs marchandises de toute sorte à choisir à domicile. De même, pour les pères et les fils, à chaque changement de saison, le tailleur apportait son carnet d'échantillons et prenait, en même temps, les mesures et les commandes. Aujourd'hui, les fournisseurs attendent ceux qu'ils appel- lent leurs clients; autrefois, ils se dérangeaient pour aller voir leurs pratiques. Presque pour tout il en est de même.